Russie: quatre militaires blessés dans l'explosion d'un engin non identifié

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L'explosion d'un engin artisanal non identifié a blessé mardi quatre militaires dans une importante académie militaire de Saint-Pétersbourg, la deuxième ville de Russie, selon les autorités qui n'ont pas retenu pour le moment la piste terroriste.

Selon un communiqué transmis aux agences russes par le ministère de la Défense, c'est un "engin artisanal non identifié" qui a explosé aux environs de 13H30 locales (10H30 GMT) dans des locaux administratifs de l'académie Mojaïski, dans le centre de l'ancienne capitale impériale.

"Quatre militaires ont été blessés à des degrés divers" mais leur vie n'est pas en danger, selon le Comité d'enquête.

Selon le ministère, l'engin explosif ne comportait pas d'enveloppe, signifiant par là qu'il ne s'agissait pas d'un engin militaire tel qu'un obus de mortier.

Le Comité d'enquête a ouvert une enquête criminelle pour tentative de meurtre et cherche à établir "l'origine de l'objet" explosif.

"Tout le monde est vivant: trois personnes ont été blessées", a déclaré pour sa part sur place aux journalistes le gouverneur de Saint-Pétersbourg, Alexandre Beglov, précisant qu'une quatrième personne était "légèrement blessée".

Selon le quotidien Kommersant, citant ses propres sources, l'explosion s'est produite quand des militaires de l'académie ont tenté de neutraliser l'engin, que des élèves avaient découvert caché dans un sac déposé sous un escalier. L'explosion a été si puissante que l'escalier s'est effondré.

Le journal précise que la personne la plus sérieusement blessée est un enseignant de l'académie militaire qui avait été décoré pour son travail de sapeur en Tchétchénie. L'une des quatre personnes blessées est une femme.

Le Comité d'enquête est un organe dépendant directement du Kremlin et chargé des principales affaires pénales et criminelles en Russie.

En ouvrant une enquête pour "tentative de meurtre", il n'a pas retenu la piste terroriste, alors que la Russie a été menacée à plusieurs reprises de représailles par le groupe de l'Etat islamique et par la branche syrienne d'Al-Qaïda depuis le début en 2015 de son intervention militaire en Syrie en soutien au régime de Damas.

L'ancienne capitale impériale avait été la cible en avril 2017 de l'un des attentats les plus meurtriers ayant frappé le territoire russe ces dernières années: l'explosion d'une bombe dans une rame de métro avait fait 15 morts et près de 70 blessés.

Son auteur présumé, Akbarjon Djalilov, un homme de 22 ans originaire du Kirghizstan, avait été tué dans l'explosion et le procès de onze personnes accusées d'avoir été impliquées dans cette tuerie a commencé mardi matin dans un tribunal militaire de Saint-Pétersbourg.

- Vingt personnes piégées -

L'académie Mojaïski, fondée en 1712, est une des plus anciennes académies militaires de Russie et accueille plus de 2.000 élèves. D'après son site internet, elle "forme les cadres des forces aériennes de Russie et d'autres départements militaires".

Les forces de l'ordre bloquaient mardi après-midi l'accès à cet établissement dépendant de l'armée, dont sortaient étudiants et employés, selon une journaliste de l'AFP.

"On nous évacue", a expliqué une étudiante, Natalia, refusant de donner son nom de famille. "Il semble qu'au premier étage, quelque chose a explosé. Nous ne savons pas", a-t-elle poursuivi.

Selon le journal en ligne local Fontanka, un groupe de démineurs s'est rendu sur place pour inspecter l'académie.

Un responsable des services de secours, cité par l'agence de presse Ria Novosti, a déclaré que l'engin avait explosé dans une salle de classe du premier étage, détruisant un escalier et piégeant une vingtaine d'élèves au troisième étage du bâtiment.

Un site internet d'informations locales, 78.ru, a diffusé une vidéo montrant un homme semblant grièvement blessé et portant un pantalon de treillis, admis sur un brancard dans un hôpital militaire de Saint-Pétersbourg.

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