Serbie: des milliers d'opposants manifestent devant la présidence

(Belga) Des milliers d'opposants ont manifesté dimanche autour de la présidence serbe à Belgrade pour protester contre le chef de l'Etat, Aleksandar Vucic, qu'ils accusent d'autoritarisme et de museler les médias.

Un début de bousculade s'est produit quand les forces de l'ordre ont en vain tenté d'empêcher d'accéder aux abords immédiats de la présidence le camion utilisé par les manifestants pour transporter les amplificateurs nécessaires aux discours. Après plus de trois mois de défilés hebdomadaires qui paraissaient s'essouffler, le mouvement d'opposition à Aleksandar Vucic semble à un tournant. Samedi soir, des dizaines d'opposants sont entrés dans le bâtiment de la télévision nationale, la RTS, qu'ils accusent d'être inféodée au pouvoir. Les chefs politiques des partis d'opposition, jusqu'alors discrets, se font plus visibles. L'ancien maire centriste de Belgrade Dragan Djilas et le souverainiste d'extrême droite Bosko Obradovic étaient parmi les manifestants qui ont fait irruption à la RTS. Et plusieurs responsables politiques ont pris la parole devant la foule dimanche. Invisible en marge des cortèges depuis le premier défilé le 8 décembre, la police anti-émeute était cette fois présente. Lors d'une conférence de presse à la mi-journée, diffusée en direct sur la RTS, le président Aleksandar Vucic a répondu aux manifestants qu'il ne connaissait "pas la peur", qui n'avait "pas lieu d'être devant les hooligans". Des propos salués par les applaudissements de personnes présentes à son point de presse. Il s'en est ensuite pris à ses principaux adversaires, désignant Bosko Obradovic comme un "fasciste" et Dragan Djilas ainsi que le libéral Vuk Jeremic comme des "oligarques". Après avoir pratiquement bloqué la présidence pendant plusieurs heures, les manifestants se sont rendus devant le siège de la police pour exiger la libération de plusieurs manifestants arrêtés par les forces de l'ordre, six selon un communiqué de la police, plus de dix selon l'opposition. Un nouveau face à face entre la police et les manifestants s'en est suivi pendant près de deux heures, sans incident. Prenant la parole, peu avant 18h00, un des leaders de l'opposition a lancé un ultimatum au président Aleksandar Vucic. "Alexandar Vucic, tu as jusqu'à lundi à 15H00 pour libérer les personnes arrêtés faute de quoi nous déciderons d'une nouvelle manifestation et nous irons alors jusqu'au bout", a-t-il lancé à la foule qui scandait "démission", "démission". Outre Belgrade, ses opposants défilent chaque semaine dans des dizaines d'autres villes du pays. Ultranationaliste devenu centriste pro-Union européenne, Aleksandar Vucic rejette les accusations d'autoritarisme. La Serbie est candidate à l'Union européenne qu'elle aspire à rejoindre en 2025. (Belga)

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