Slovaquie: un ex-militaire reconnait avoir assassiné le journaliste Jan Kuciak

(Belga) Un ancien militaire a avoué jeudi avoir tué le journaliste d'investigation Jan Kuciak et sa compagne l'an dernier, selon le site aktuality.sk pour lequel travaillait le journaliste assassiné.

Ce meurtre a déclenché en 2018 des manifestations massives en Slovaquie, et provoqué la démission du Premier ministre. Jan Kuciak et sa fiancée Martina Kusnirova ont été tués chez eux en février 2018, au moment où le journaliste s'apprêtait à publier un rapport sur les liens présumés entre des hommes politiques slovaques et la mafia italienne, et sur des fraudes autour des fonds agricoles européens. aktuality.sk, contrôlé par le groupe de presse Axel Springer, cite une "source bien informée" non identifiée indiquant que Miroslav Marcek, un ancien militaire, aurait confessé le double meurtre. Citant des sources policières, plusieurs médias locaux ont également rapporté ces déclarations. Miroslav Marcek et trois autres suspects ont été inculpés dans l'affaire de ce double meurtre et sont détenus depuis octobre dernier. L'homme d'affaires Marian Kocner, accusé d'avoir commandité le meurtre, reste lui aussi en détention. Le meurtre de Jan Kuciak et son rapport publié à titre posthume ont provoqué des manifestations de rue massives dans ce pays de 5,4 millions d'habitants, et poussé le Premier ministre Robert Fico à la démission. Depuis, celui-ci a été remplacé par Peter Pellegrini. Le 31 mars, l'avocate libérale Zuzana Caputova, très critique à l'égard du gouvernement social-démocrate et qui avait elle-même participé à des manifestations après le meurtre du journaliste, a remporté l'élection présidentielle en battant au second tour un candidat soutenu par le parti au pouvoir. Dans ses articles, Jan Kuciak a évoqué des affaires touchant Marian Kocner, 55 ans, propriétaire de plusieurs sociétés immobilières. L'ex-rédacteur en chef de Jan Kuciak, Peter Bardy, a révélé en 2017 que Marian Kocner avait appelé le jeune jouranliste pour le menacer. Soupçonné de fraudes, M. Kocner a été arrêté en juin 2018 et placé en détention. Selon des médias, il a eu des liens avec des membres du parti social-démocrate Smer-SD au pouvoir, toujours présidé par Robert Fico. (Belga)

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