Tournoi: un zeste de confiance et une montagne de travail pour le XV de France

Passé le soulagement d'avoir mis un terme vendredi contre l'Italie (34-17) à sa série noire de résultats, le XV de France, tout juste rassuré, a deux semaines pour gommer ses nombreuses imperfections avant de recevoir l'ogre anglais dans le Tournoi des six nations.

+ 'Un peu plus de sérénité'

Les Bleus ne sont pas dupes: remporter leur première victoire depuis onze mois contre l'Italie, qui avait perdu ses quatorze précédents matches du Tournoi, constitue simplement le minimum syndical. "Ce n'est qu'un match. On ne peut pas dire que c'est lancé, qu'on va marcher sur tout le monde. Ce serait se mentir à soi-même, à tout le monde. On commence juste à sortir la tête de l'eau", a ainsi affirmé Mathieu Bastareaud dans les couloirs du Vélodrome de Marseille.

Mais cette victoire permettra au moins de "travailler avec un peu plus de sérénité", a espéré Maxime Machenaud. "Pour la tête des mecs, c'est important", a embrayé samedi l'entraîneur adjoint Julien Bonnaire.

Derrière les Bleus, sans doute, l'exclusion des "fêtards" d'Edimbourg. Et à coup sûr la série noire de résultats. Et après une semaine d'entraînement restreinte et compliquée, l'encadrement disposera également de meilleures conditions de préparation: le XV de France, qui recevra l'Angleterre le 10 mars, restera à Aix-en-Provence jusqu'à jeudi prochain avant de se retrouver dimanche à Marcoussis.

Le groupe retenu pour affronter le XV de la Rose sera lui annoncé lundi en fin de journée. Avec le retour de certains des exclus d'Edimbourg, dont l'arme fatale Teddy Thomas? Le staff n'exclut rien.

"Je crois qu'ils n'ont été suspendus qu'un match. On n'en a pas encore parlé, pour tout vous dire. Tous les cas seront discutés avec les entraîneurs de clubs: suspendus et joueurs de retour de blessure, s'il y en a" a expliqué l'entraîneur des arrières, Jean-Baptiste Elissalde.

+ 'Faire le match parfait' -

Avec ou sans Thomas, les Bleus devront en tout cas monter le curseur de plusieurs niveaux pour espérer inquiéter l'Angleterre, double tenante du titre et qui n'a perdu qu'un match depuis l'arrivée d'Eddie Jones à ses commandes début 2016.

"Il faudra faire le match parfait" a lancé Machenaud, quand Elissalde s'est attendu à "un combat de titans dans les zones de collision". Où il conviendra d'être plus réaliste en attaque et plus propre dans les sorties de camp et sous les renvois, afin de ne pas subir la pression anglaise.

"On aura certainement beaucoup moins d'occasions. Là on a fait un +trois+ (essais marqués) sur +huit ou neuf+ (occasions), peut-être que contre l'Angleterre on en aura que quatre ou cinq et il faudra les mettre au fond", a développé Elissalde, appelant à davantage de "conviction, caractère et patience près de la ligne adverse".

+ Un tracteur nommé Bastareaud

Pour faire sauter le verrou anglais, les Bleus devraient en tout cas compter sur la puissance de Bastareaud, qui a réussi sa première dans le Tournoi-2018.

Dans le jeu: auteur du troisième essai, décisif sur le deuxième, "Basta" a fait des dégâts à chaque intervention ou presque. "Il a occupé du monde (des Italiens), fait jouer dans la défense et débloqué des situations par quelques passes après-contact (quatre, NDLR)" a relevé Elissalde.

"Evidemment qu'il apporte de l'assurance" à ses coéquipiers, a-t-il ajouté.

Jefferson Poirot a confirmé, évoquant un "tracteur". Après qui il est "plus facile de jouer" et sur lequel Guilhem Guirado a pu se reposer: du haut de ses 29 ans et pour sa 43e sélection, Bastareaud a été le relais attendu du capitaine sur la pelouse, par ses mots et encouragements.

"Je ne suis pas un grand parleur mais j'essaie de dire les bons mots au bons moments (...) J'essaie de jouer mon rôle, de rassurer, motiver" a souligné le centre, visiblement transfiguré depuis qu'il a été nommé capitaine de Toulon en début de saison.

"J'ai redécouvert un garçon bien différent et très professionnel" a déclaré Elissalde, qui l'a vu "ce matin (samedi) sur un vélo à l'hôtel (pour récupérer)". Et a poursuivi: "Comprendre (le travail à effectuer au plus haut niveau) arrive plus ou moins tôt ou tard, ça dépend du cheminement".

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