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Troisième nuit de recherches dans les décombres à Gênes avec des chiens: "Il y a encore d'autres personnes là-dessous"

Troisième nuit de recherches dans les décombres à Gênes avec des chiens:

Les sauveteurs ont continué pour une troisième nuit leurs recherches dans les décombres du pont autoroutier qui s'est effondré à Gênes, dans le nord de l'Italie, alors que des personnes sont toujours portées disparues.

L'Italie est encore sous le choc de la catastrophe, et la controverse entre le gouvernement italien et la société autoroutière gestionnaire de l'ouvrage, Autostrade per l'Italia, s'est encore intensifiée.

Le bilan de l'effondrement d'une section du pont Morandi, survenu mardi en fin de matinée, n'a pas évolué dans la journée de jeudi: 38 morts et 15 blessés, dont cinq dans un état grave. Les chances de retrouver des survivants s'amenuisent d'heure en heure, mais les sauveteurs ne renoncent pas. "Nous cherchons toujours des cavités qui puissent héberger des gens, vivants ou pas", a déclaré dans la journée un responsable des pompiers.

Jeudi, personne ne se hasardait à donner un chiffre sur le nombre de disparus. Mais le vice-Premier ministre, Matteo Salvini (Ligue, extrême droite) a assuré: "Ceux qui sont en train de fouiller nous disent qu'il y a encore d'autres personnes là-dessous".


Avec des chiens, des pelleteuses et des grues

Dans la nuit de jeudi à vendredi, éclairés par de puissants projecteurs, les sauveteurs poursuivaient sans relâche leurs opérations au milieu des gigantesques blocs de béton et des morceaux de ferraille tordus, avec l'aide de chiens, de pelleteuses et de grues. "Bien sûr, nous ne nous arrêtons pas, nous travaillons toute la nuit", a déclaré sur place à la chaîne de télévision Sky TG24 une responsable des pompiers, Marcella Battaglia. "Les opérations se poursuivent avec des équipes alternées."

L'Italie observera samedi une journée de deuil national et une cérémonie solennelle de funérailles aura lieu à 11h30 à la Fiera de Gênes, un centre d'expositions, en présence de toutes les plus hautes autorités de l'Etat.

Depuis deux jours, la presse et les réseaux sociaux saluent ces destins brisés: une famille en route vers la Sardaigne, des jeunes Français partis faire la fête, un couple de retour de voyage de noces...


"On ne peut pas mourir en payant le péage en Italie"

Entretemps, la controverse entre le gouvernement et Autostrade per l'Italia ne cesse de prendre de l'ampleur. "On ne peut pas mourir en payant le péage en Italie", a lancé le vice-Premier ministre Luigi Di Maio, ministre du Développement économique et chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S, populiste).

Le gouvernement a annoncé son intention de révoquer la concession d'Autostrada per l'Italia sur le tronçon d'autoroute où se trouve le pont effondré. La société, qui appartient au groupe Atlantia, lui-même contrôlé par la famille Benetton, a assuré que ses contrôles de sécurité étaient sérieux. Atlantia a critiqué une annonce gouvernementale faite "en l'absence de toute certitude sur les causes effectives" du drame. Le groupe a prévenu que la révocation coûterait cher en indemnités à l'Etat.

Le titre a plongé à la Bourse de Milan, où il a clôturé sur une baisse de 22%. 


Désormais gratuit pour les ambulances

"Si j'avais été un dirigeant d'Autostrade per l'Italia, j'aurais suspendu quelques péages, mais dans l'heure qui a suivi" le drame, a aussi lancé l'autre vice-Premier ministre, Matteo Salvini (Ligue, extrême droite).

Message entendu: dans l'après-midi, Autostrade per l'Italia a annoncé que dorénavant, les ambulances ne paieraient plus le péage sur l'ensemble de son réseau, qui couvre près de la moitié des quelque 6.000 km d'autoroute du pays.

Autre cible du gouvernement italien: l'Union européenne et sa politique d'austérité accusée d'empêcher les investissements.

"Les investissements qui sauvent des vies, des emplois et le droit à la santé ne doivent pas faire l'objet des calculs rigides et des règles imposées par l'Europe", a déclaré M. Salvini.

La Commission européenne a réagi en assurant avoir encouragé l'Italie à investir dans ses infrastructures et en rappelant que les Etats membres étaient "libres de fixer" leurs priorités.


Un rapport dans les 30 jours sur les causes du drame 

Alors que l'enquête judiciaire est en cours, le ministère des Infrastructures a annoncé jeudi la création d'une commission d'inspection chargée de remettre un rapport au ministre "dans les 30 jours" sur les causes du drame.

Le ministère a aussi lancé une série de contrôles sur l'état des routes et demandé à tous les exploitants d'infrastructures de signaler avant le 1er septembre les interventions nécessaires.

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