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Vendée Globe: Alex Thomson lâche la barre pour 2024

 
 

Après avoir sévèrement chahuté la domination française sur le Vendée Globe pendant vingt ans, le Britannique Alex Thomson a décidé de ne pas s'aligner au départ de la prochaine édition de la mythique course autour du monde en solitaire en 2024, sans exclure d'y revenir en 2028.

Le marin âgé de 47 ans a annoncé lundi son retrait en tant que skipper en espérant être présent comme manager en 2024. Il entend via sa team (Alex Thomson Racing) faire construire un nouveau "bateau volant", qu'il mettra entre les mains d'un "jeune" skipper dont il est en quête.

"Je ne vais pas concourir en 2024. Je ne dis pas non à 2028, mais je ne serai pas présent en 2024 en tant que skipper", a expliqué Alex Thomson, détendu dans les salons d'un hôtel parisien.

"La raison principale est ma famille, et particulièrement ma femme qui a porté depuis si longtemps en solitaire nos enfants. Ce n'est pas équitable et c'est à moi aujourd'hui de lui donner l'opportunité qu'elle m'a donné", a poursuivi le skipper d'Hugo Boss.

Le Gallois de naissance, qui a pris part à son premier Vendée Globe en 2004 (abandon), s'était élancé le 8 novembre dernier depuis les Sables d'Olonne pour le tour du monde pour la cinquième fois.

Trois semaines plus tard, son "bateau volant" dernière génération connaissait des problèmes structurels, puis une avarie sur le safran tribord (partie du gouvernail), le contraignant à l'abandon.

- En quête d'un skipper -

"Le dernier Vendée Globe a été terrible, trois semaines et c’était fini pour moi", a glissé le marin longtemps présenté comme celui pouvant être le premier non-français à remporter la course.

Mais loin de vouloir jeter l'éponge à cause de tous ses soucis, le navigateur assure que les raisons sont essentiellement familiales. Y compris quand la question lui est posée sur la fin de son contrat avec Hugo Boss.

"Le contrat avec Hugo Boss s’arrête à la fin de cette année. Paradoxalement, si je devais aller sur le prochain Vendée Globe, je n’aurais pas de problème pour trouver de l’argent. Le Vendée Globe, c’est ma vie, mais c’est un jeu. L’avenir de mes enfants est plus important qu’un jeu", dit ce papa d'un garçon de 10 ans et d'une fille de 6 ans.

Il a précisé qu'il ne pensait pas "qu'ils (Hugo Boss) continuent dans la voile, ils ont un nouveau directeur général, ils ont changé de stratégie".

Thomson n'imagine cependant pas tourner complètement la page de la course au large, lui qui est arrivé dans ce milieu très franco-français il y a 20 ans sous les regards amusés, avant d'être clairement pris au sérieux après sa troisième puis deuxième place (2012/2013 puis 2016/2017).

"C'est difficile de voir ma vie loin de ce sport, c'est ma vie ! Ce que j'aimerais faire pour ce nouveau cycle de 4 ans est de travailler avec un autre skipper, avec plus de sponsors, plus de partenaires", a-t-il indiqué, rêvant d'"un skipper jeune au talent brut", "international ou français", qui peut "aussi être une femme".

- Un nouveau bateau -

Cette pépite sera à la barre d'un nouvel engin que Thomson souhaite faire construire dans la lignée des trois bateaux flambant neufs qu'il a eus pour ses trois derniers Vendée.

"Ca va être un concurrent très dur pour 2024 ! Mais c'est quelqu'un qui va avoir beaucoup de chance", confie à l'AFP la navigatrice britannique Sam Davies, qui "salue le choix d'Alex" de privilégier sa famille.

"Il a fait beaucoup pour notre sport, pour la classe Imoca (les bateaux du Vendée Globe, NDLR), pour l’international. Il a montré ce qu’il était possible de faire pour les partenaires, il a apporté beaucoup d’innovations, il a osé, il a réussi à chaque fois à faire des bateaux neufs en laissant carte blanche aux architectes. Le premier Hugo Boss à foils, c’est vraiment lui", argue-t-elle.

Le bateau sur lequel il a abordé le dernier Vendée Globe est en passe d'être vendu. Son acquéreur devrait se faire connaitre publiquement d'ici la fin de le semaine.


 




 

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