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Témoignages poignants des victimes collatérales des attentats: "Ces images reviennent tout le temps"

Témoignages poignants des victimes collatérales des attentats:
©RTL INFO

La situation pour les victimes et témoins d’attentats est toujours très difficile. Il y a les victimes directes, celles qui sont blessées, décédées mais aussi les victimes indirectes présentes sur les lieux sans blessures physiques, mais avec des traumatismes psychologiques très importants. De nombreuses victimes d’actes terroristes sont fragiles. Certaines pensent au suicide ou tentent de se suicider, d’autres passent à l’acte.

Sousse, le 26 juin 2015. Un terroriste ouvre le feu sur la plage et dans un hôtel. Parti à quatre, ils ne seront que deux à rentrer en Belgique. Anita côtoie l’horreur, autour d’elle des corps sans vie. Sa vie bascule.

"Ces images reviennent tout le temps donc, à un moment donné, c'est trop dur", raconte-t-elle.

Anita fait partie de ces victimes. Elle n’est pas blessée physiquement mais moralement touchée. Le contre coup arrive un an et demi après l’attentat.

"Vous êtes tellement abimé, qu'il n'y a qu'une seule solution, penser à partir. En allant travailler combien de fois je n'ai pas regardé la route en me disant 'Je n'en peux plus'... Ce soir, je vais regarder pour partir", confie-t-elle.

Paris, le 13 novembre 2015, dans la salle du Bataclan, Guillaume, 31 ans. Le jeune homme s’en sort, lui aussi, sans blessure physique mais il est atteint d’un sévère état de stress post-traumatique. Deux ans après, il se suicide. Il est aujourd’hui reconnu comme la 131ème victime des attentats de Paris.

"Le trauma est comme un poison des attentats. Il est là et il tue doucement. Il faut donner un antipoison. C'est la juste reconnaissance", explique Philippe Vansteenkiste, le président de l'association des victimes des attentats.

Aujourd’hui, plusieurs victimes ou témoins des attentats ont déjà pensé, tenté ou se sont suicidées. Mi-juin, en France, c’est ce père de famille qui meurt de chagrin... Tahar perd son épouse et son fils de 4 ans lors de l’attentat de Nice, le 14 juillet 2016.

"Quand ça dure dans le temps, souvent cela devient insupportable. Ces espéraient pouvoir passer au-dessus. Mais à un moment donné, le temps passe, les gens autour d'eux reprennent leur vie, et eux n'arrivent pas à avoir la vie qu'ils avaient avant", déclare Charlotte Mauchien, une psychologue à l'hôpital Saint-Luc.            

Zaventem, le 22 mars 2016. Deux bombes explosent dans le hall des départs de l’aéroport. Elizabeth est sérieusement blessée. Les 8 premiers mois sont insupportables. Le sentiment d’abandon est dévastateur.

"C’est un mélange de tout. Vous ne pouvez pas dormir correctement pendant longtemps. Parfois encore, je fais des cauchemars. Si vous ne dormez pas une nuit, c’est difficile. Imaginez en avoir sept. Pendant des mois, je n’ai pas su dormir. Si vous n’avez assez de sommeil, vous voyez le monde différemment", confie Elizabeth Krahulecz, une victime des attentats du 22 mars 2016.

Les jours, les mois, les années ne cicatrisent aucune plaie... Elles restent là visibles ou invisibles. Tous se rattachent à ce qu’ils peuvent et gardent espoir. Le seul moyen de continuer d’avancer.

"Il faut essayer de faire gagner la vie. Ce n'est pas facile, mais je crois que la vie vaut la peine d'être vécue. Il faut s'accrocher", conclut Anita.

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