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Windsor accueille sans effervescence l'"autre" mariage royal vendredi

Windsor accueille sans effervescence l'
La princesse Eugénie d'York (à gauche) à Londres le 17 juin 2017.Chris J Ratcliffe
Mariage

Les noces de la princesse Eugénie, petite-fille de la reine Elizabeth II, célébrées vendredi à Windsor, sont l'"autre" mariage royal de l'année, celui dont beaucoup se désintéressent au Royaume-Uni, sauf pour en dénoncer le faste.

Eugénie, 28 ans, épousera le roturier Jack Brooksbank, 32 ans, dans la chapelle Saint-Georges, au château de Windsor, là où s'étaient unis en mai son cousin le prince Harry et l'ex-actrice américaine Meghan Markle, dans une effervescence médiatique mondiale.

Les Britanniques gardent aussi un souvenir ébloui de l'union en 2011 du prince William, frère aîné de Harry et deuxième dans l'ordre de succession au trône, et de Kate Middleton, devenue duchesse de Cambridge.

Mais la princesse Eugénie d'York, fille cadette du prince Andrew et Sarah Ferguson, est neuvième dans l'ordre de succession. Elle est donc considérée par certains comme "un membre mineur de la famille royale".

La jeune femme a jusqu'ici surtout fait parler d'elle pour ses goûts particuliers en matière de chapeaux, notamment celui qu'elle portait au mariage de William et Kate, presque autant moqué que celui, extravagant, de sa soeur Béatrice, 30 ans.

La BBC, qui prend les mariages royaux très au sérieux, ne diffusera pas la cérémonie, une décision qui a créé des remous au palais de Buckingham. Elle se justifie, selon la presse, par la crainte d'une audience décevante. "Pas de commentaire sur la question de savoir si nous avons ou pas décliné" une proposition pour retransmettre l'événement, a répondu à l'AFP un porte-parole du groupe de radio-télévision public.

C'est la petite chaîne commerciale ITV qui s'est finalement dévouée. Mais seulement, d'après The Times, sur l'insistance du père de la mariée.

Pour ajouter à l'embarras, la foule devrait être bien plus clairsemée vendredi que lors du mariage de Harry et Meghan, qui avait attiré plus de 100.000 personnes dans les rues de Windsor. Dans cette petite ville à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de Londres, les hôtels sont loin d'afficher complet cette fois.

- Balade en calèche -

L'opulence du mariage offusque plus qu'il n'attire l'admiration. Les regards sont ainsi rivés sur les frais de sécurité, estimés à 2 millions de livres (2,3 millions d'euros), à la charge des contribuables. "Un mariage royal est un événement privé, personnel, qu'on transforme en une occasion nationale", dénonce une pétition signée par près de 40.000 personnes.

Comme Meghan et Harry, Eugénie et Jack ont prévu de parader en calèche dans Windsor pendant une quinzaine de minutes. Les pétitionnaires appelaient à supprimer cette étape, pour éviter le coût des policiers tireurs d'élite sur les toits et des dispositifs de brouillage anti-drones.

Mais les futurs mariés ne veulent pas céder, suscitant l'indignation et la colère de la presse britannique. La famille royale paiera en revanche le gâteau red velvet et chocolat "traditionnel avec une touche de modernité", qu'ils partageront avec leurs 850 invités (plus que les 600 de Meghan et Harry), parmi lesquels des célébrités comme le couple de l'acteur et l'avocate George et Amal Clooney.

Les tentatives de la princesse Eugénie de gagner le coeur des Britanniques sont tombées à plat, comme cette interview accordée avec sa soeur Béatrice au numéro de septembre de l'édition nationale du magazine Vogue, bible de la mode. Elles y expliquent la difficulté d'être princesses, posant dans des vêtements de luxe au Royal Lodge, imposante demeure de 30 pièces située dans le domaine de Windsor.

"Nous sommes très vraies", assure Eugénie, se rappelant avoir "pleuré" avec sa soeur, contrariées par un article "horrible" sur leurs chapeaux.

Le parcours du futur marié, en couple avec Eugénie depuis huit ans, est davantage entouré de mystère. Selon la presse, il aurait été serveur avant de diriger un très sélect club londonien, le Mahiki. Il aurait rencontré Eugénie par l'intermédiaire d'amis à la station de ski de Verbier, en Suisse.

Selon sa belle-mère Sarah Ferguson, il travaille actuellement pour la marque américaine de tequila haut de gamme Casamigos, fondée notamment par George Clooney.

"Il faudra que je m'isole un peu avant les discours parce que je suis terrifié", a-t-il confié au tabloïd Daily Mail.

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