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XV de France: Brunel placé sur le gril

XV de France: Brunel placé sur le gril
Le sélectionneur du XV de France Jacques Brunel (g) lors du "captain's run", le 9 mars 2019 à Dublin Damien MEYER

Son avenir, la tentative de changer de capitaine, ses nombreux changements au risque de fragiliser l'équilibre précaire du XV de France: le sélectionneur Jacques Brunel a été placé sur le gril jeudi, à deux jours d'un rendez-vous crucial en Italie en clôture du Tournoi des six nations.

Il n'a pas seulement été question de jeu et de joueurs lors de la traditionnelle annonce de composition d'équipe, dans un salon du Merrion Hotel de Dublin. Où les Bleus ont choisi de rester, après leur défaite contre l'Irlande dimanche (26-14), jusqu'à jeudi après-midi avant de rallier directement Rome.

En attendant de s'envoler pour la capitale italienne, Brunel a donc vécu quelques turbulences pour ses dernières heures en Irlande, notamment après les révélations, la veille au soir, de L'Equipe.

Selon le quotidien sportif, Brunel a demandé, après la débâcle en Angleterre le 10 février (44-8), à Guilhem Guirado de renoncer au capitanat, le vice-président de la Fédération Serge Simon souhaitant promouvoir à sa place Jefferson Poirot. Le Bordelais a refusé, par loyauté, et les joueurs ont conforté Guirado.

Interrogé sur le sujet jeudi, Brunel a implicitement confirmé la tentative avortée de dégrader Guirado, qu'il a entraîné à Perpignan (2007-2011).

"Je le connais depuis 12 ans, nous avons une relation d'estime et de confiance, nous sommes assez ouverts pour parler de tout. Après l'Angleterre, on a parlé de remise en cause du staff, de remise en cause du jeu, des entraînements, des relations avec les entraîneurs et du capitanat", a ainsi déclaré Brunel.

"Guilhem avait été renforcé dans son capitanat et sera capitaine jusqu'à la fin de la Coupe du monde (20 septembre-2 novembre au Japon, NDLR). Pour moi, ce sujet-là est clos", a ajouté le sélectionneur, préférant "surtout (se) concentrer sur un match qu'on a à jouer, dont on connaît le contexte et l'importance".

- Bilan "la semaine prochaine" -

C'est un euphémisme: les Bleus, battus onze fois en quinze rencontres depuis l'arrivée de Brunel fin 2017, se rendent à Rome pour sauver quelques apparences après un Tournoi à une seule victoire (contre l'Ecosse) pour trois défaites.

Brunel pense-t-il aux conséquences d'un revers en Italie, son ancienne équipe (2011-2016), incapable de remporter le moindre match du Tournoi depuis février 2015?

"Si je me posais ces questions, je ne vivrais pas. Je ne prépare pas un match en n'ayant pas la certitude qu'on peut gagner", a répondu le Gersois, âgé de 65 ans.

"Cela fait 31 ans que j'entraîne, je ne me suis jamais posé la question de savoir si dans trois ou six mois je ne serais plus là, ou si on me demandera de passer la main. Ca arrive à tous les entraîneurs" a-t-il ajouté, repoussant à "la semaine prochaine" tout bilan.

Avant de dresser celui-ci, il reste donc un dernier rendez-vous, abordé avec six nouveaux joueurs dans le XV de départ par rapport à la déroute en Irlande.

- Ntamack buteur -

Si deux changements sont dictés par les blessures de Poirot et Wenceslas Lauret, remplacés respectivement par Etienne Falgoux et Grégory Alldritt, les quatre autres sont purement sportifs.

Un risque pour une équipe en manque de certitudes et d'automatismes? "Oui on peut dire ça", a répondu le sélectionneur, mettant en avant sa volonté "d'apporter un peu de sang frais" avec seulement six jours entre les deux rencontres.

Exit donc Sébastien Vahaamahina, Arthur Iturria, Gaël Fickou et Thomas Ramos, place aux revenants Paul Willemse, Yacouba Camara, Wesley Fofana et Maxime Médard.

La charnière formée d'Antoine Dupont et Romain Ntamack reste elle en place. "On ne peut pas valoriser une charnière un week-end et le week-end d'après, parce qu'elle a connu un peu de difficultés, dire qu'il faut la changer", a rétorqué Brunel.

Qui n'avait pourtant pas hésité à remplacer la paire Parra-Lopez après la débâcle de Twickenham, dont l'encadrement était aussi responsable, avaient osé dire les deux Clermontois.

"Oui mais... c'était un contexte différent", a répondu le sélectionneur qui, en évinçant Ramos pour confier la charge de buteur à Ntamack, peu rodé à cet exercice à Toulouse, prend un autre risque.

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