XV de France féminin: "Oui, on est en mission", dit Lenaïg Corson

XV de France féminin:
La deuxième ligne française Lénaïg Corson face au Pays de Galles, lors du tournoi des Six nations, le 2 février 2019 à MontpellierSYLVAIN THOMAS

Les joueuses du XV de France, en pleine ascension médiatique et populaire, se sentent en quelque sorte investies d'une mission pour redorer le blason écorné du rugby français, a estimé la 2e ligne Lenaïg Corson, avant d'aller défier l'Angleterre dimanche dans le Tournoi des six nations.

QUESTION: Sentez-vous un engouement croissant autour des performances des Bleues?

REPONSE: "Oui clairement. Avec les plus anciennes, on aime se rappeler comment c'était avant, quand on jouait dans l'anonymat, en 2012, 2013. Les matches n'étaient pas relayés à la télé, les gens ne pouvaient pas juger par eux-mêmes la qualité de notre jeu. Dès lors qu'on est passé à la télé, ça a tout changé. Les gens ont commencé à nous suivre, il y a eu la Coupe du monde 2014 en France. Un bel élan. Les gens sont intéressés par l'état d'esprit de notre équipe, qui amène un vent de fraîcheur sur le rugby français. Tout ça, on a réussi à le garder, et monter à crescendo: Coupe du monde en Irlande (3e place en 2017), Grand Chelem (dans le Tournoi) l'an dernier. Un ami m'a dit +vous avez ouvert la page sports du JT de France 2!+ C'est rare. On nous voit de plus en plus, il y a eu un super reportage sur +Popaul+ (Pauline Bourdon, demi de mêlée) à Stade 2. C'est chouette de voir que les médias s'intéressent à nous. On a envie de faire honneur au statut qu'on a réussi à atteindre et continuer la route."

Q: Vous sentez-vous en mission pour redorer le blason du rugby français, écorné par les résultats des messieurs et le débat sur sa violence accrue?

R: "Oui, parce qu'on a envie que des jeunes filles et garçons viennent jouer dans les écoles de rugby. S'ils viennent voir nos matches et se disent +ça ne te plairait pas de jouer au rugby? J'ai envie de tenter l'aventure dans un club+, ce serait la plus grande des réussites. On a eu plein de messages après la tournée contre les Blacks (en novembre, une défaite et une première victoire en match officiel, NDLR) de gens qui disaient qu'ils avaient vibré devant leur écran. Ca fait quelque chose de savoir ça, que les gens ont adoré l'équipe. C'est énorme."

Q: La victoire contre les Galloises en ouverture (52-3) a-t-elle été trop facile avant d'affronter les Anglaises, autrement mieux armées?

R: "On marque 50 points mais on va se les chercher, on ne baisse pas de rythme (...) Il y a eu 38 minutes de temps de jeu (effectif), car on veut imposer notre rythme. Ce qu'on veut faire contre l'Angleterre. Mais il faudra être plus fort sur nos bases, agressif, monter plus fort (en défense) car elles ont des gabarits vraiment solides, toniques. C'est du costaud. En attaque, il faudra chercher peut-être à jouer un plus sur les extérieurs que ce qu'on a fait face au pays de Galles."

Q: D'autant que les Anglaises sont revanchardes après votre victoire sur le fil lors du dernier Tournoi...

R: "Oui car elles perdent le Grand Chelem à la dernière minute, sur un essai. Chez elles, on sait que ça va être compliqué, mais c'est un beau challenge. J'ai eu la chance de jouer le Grand Chelem l'an dernier, ça motive pour réitérer la même chose cette année."

Propos recueillis lors d'un point presse

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