"Gilets jaunes": 2.300 manifestants à Saint-Brieuc, incidents devant la préfecture

Des manifestants "gilets jaunes" aspergés par des canons à eau alors qu'ils tentent de pénétrer dans l'enceinte de la préfecture, le 12 janvier 2019 à Saint-Brieuc Damien MEYER

Environ 2.300 manifestants "gilets jaunes" selon la police, venus de toute la Bretagne, ont défilé samedi dans les rues de Saint-Brieuc où des incidents ont éclaté devant la préfecture en fin de manifestation.

Plusieurs manifestants ont été blessés, a constaté un journaliste de l'AFP qui a pu voir l'un d'eux touché par un tir de lanceur de balle de défense (LBD).

La manifestation partie vers 14h00 était escortée par un service d'ordre d'une cinquantaine de "gilets jaunes", venus des cinq départements de la Bretagne historique.

Dans une ambiance bon enfant au son de chansons et danses bretonnes, les manifestants ont battu le pavé dans les rues de Saint-Brieuc.

"Les pigeons en ont marre d'être plumés", "Si la loi est contre le peuple alors nous serons hors la loi", "+de galette -de rois", pouvait-on lire sur les pancartes. "Macron si tu savais, ta carotte où on se la met", ont entonné les manifestants en choeur.

L'ambiance s'est ensuite tendue lorsque les manifestants sont arrivés devant la préfecture, où une trentaine de policiers avaient pris position. Les forces de l'ordre ont actionné deux lances à eau quand un manifestant - déguisé en lapin et vêtu d'un gilet jaune -, a tenté d'escalader la grille de la préfecture.

Durant une demi-heure de face-à-face tendu, les forces de l'ordre ont aussi fait usage de gaz lacrymogènes pour repousser des manifestants qui jetaient des projectiles.

Tristan Lozach, l'une des figures des "gilets jaunes" dans les Côtes-d'Armor, s'est dit "très heureux" de la mobilisation: "Je crois qu'on a montré le rapport de force au gouvernement", a-t-il déclaré.

M. Lozach s'est félicité d'avoir pu montrer "qu'une manifestation pouvait très bien se passer". "80% des gilets jaunes ne sont pas virulents", a-t-il affirmé.

"On a du mal à dégager un salaire, c'est les gosses qui doivent nous aider à remplir le frigo. Dans la rue, on voit que le mouvement ne s'essouffle pas", a déclaré Sandrine Séjourné 47 ans, mère de trois enfants, au foyer, venue de Plougonven (Finistère) avec son mari chauffagiste.

"Je ne comprends pas qu'il y ait autant d'écarts de salaires, c'est une honte", a lancé cette Bretonne perruque, gilet, et lacets jaune fluo.

La manifestation s'est terminée peu avant 18h00 après dispersion des derniers manifestants avec des tirs de lacrymogènes.

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