"Gilets jaunes": plusieurs milliers de manifestants à Toulouse, Perthus bloqué

Heurts entre policiers et manifestants à Toulouse lors d'une manifestation des "gilets jaunes", le 2 février 2019 Pascal PAVANI

Plusieurs milliers de "gilets jaunes" ont a nouveau défilé samedi à Toulouse dans un cortège d'hommage aux blessés du mouvement, émaillé de face à face tendus avec les forces de l'ordre, a constaté un journaliste de l'AFP.

Dans les Pyrénées-Orientales par ailleurs, des manifestants ont coupé la circulation dans les deux sens sur l'autoroute au niveau du Perthus, à la frontière entre la France et l'Espagne, a indiqué l'opérateur Vinci.

"La police vous protège, ça crève les yeux", accusait une pancarte dans le défilé principal,au cours duquel les forces de l'ordre ont plusieurs fois usé de gaz lacrymogènes pour repousser les manifestants et les empêcher notamment de gagner la place centrale du Capitole.

En fin d'après-midi, la préfecture a fait part de "quelques incidents", "tags sur des devantures de magasin, tirs de mortiers et jets de projectiles en direction des forces de l’ordre", recensant deux blessés et quatre interpellations.

Venu défiler en fauteuil roulant, la jambe plâtrée, Roméo Bigué, un étudiant de 20 ans, affirme souffrir d'"une fracture au tibia, avec ITT de 90 jours", consécutive à "un tir de flashball" policier le 1er décembre.

Niant avoir participé à des violences, il évacuait une place face à une charge quand il a été touché, dit-il.

Mais sur conseil d'une avocate, il a décidé de ne pas porter plainte "car on estime que le tir était légal". Pour lui toutefois pas de doute, la policier a tiré de manière "illégitime" car il ne le menaçait pas.

De nombreux manifestants s'étaient grimés en blessés, bandages et traces de sang sur le visage.

Une autre marche, cette fois déclarée en préfecture, une première pour des "gilets jaunes" toulousains dont le maire s'était félicité, n'a elle réuni qu'une soixantaine de personnes.

Sur un parcours évitant le centre historique, ils ont marché derrière une banderole mentionnant "gilets jaunes, commerçants, artisans, tous rackettés".

"Nous voulions nous démarquer des violences" qui ont marqué toutes les dernières manifestations des "gilets jaunes" à Toulouse, mais "nous avons loupé notre coup", reconnaissait un des organisateurs, le retraité Jean-Michel Bergon.

Il prédit que le "mouvement va se durcir" avec l'organisation de "grosses actions" lors de la Journée d'actions pour le pouvoir d'achat prévue mardi.

La préfecture a pour sa part indiqué qu'elle ne fournirait pas de comptage comme elle l'a fait jusqu'à fin janvier, suite à des consignes du ministère de l'Intérieur.

Le 19 janvier, au plus fort de la mobilisation à Toulouse, ville en pointe dans le mouvement, elle avait décompté 10.000 manifestants, soit un record national.

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