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"Gilets jaunes"/violences policières: le parquet de Toulouse ouvre deux enquêtes

Manifestation de "gilets jaune" à Toulouse, le 23 février 2019Pascal GUYOT

Un "gilet jaune" sur chaise roulante aspergé de gaz lacrymogène au visage par un policier et une femme frappée par des CRS: le parquet de Toulouse a indiqué lundi avoir ouvert deux enquêtes sur ces faits, relayés sur les réseaux sociaux.

Sur la première scène, filmée en fin de manifestation samedi dans le centre de Toulouse, on voit un cordon de CRS et un couple qui ne porte pas de gilet jaune. Un échange a lieu entre les policiers et la femme, qui est frappée puis projetée au sol avec l'homme qui l'accompagne.

Sur une autre vidéo filmée le même jour, un homme portant un gilet jaune et se déplaçant sur fauteuil roulant reçoit un jet de gaz lacrymogène en plein visage de la part d'un membre des forces de l'ordre.

Sollicité par l'AFP, le parquet de Toulouse a indiqué avoir "ouvert deux enquêtes sur ces faits, dont il sera rendu compte dans les plus brefs délais".

Le parquet a assuré "comprendre le caractère possiblement choquant" de ces deux incidents, tout en insistant sur leur nécessaire mise en contexte.

Il a précisé qu'un "travail d'identification du policier est en cours" sur l'affaire impliquant l'homme en fauteuil roulant, Pascal Bouré, 55 ans.

Ces images ont été relayées en boucle sur les réseaux sociaux, à l'issue de la manifestation de samedi, qui a réuni quelques milliers de personnes à Toulouse.

Dimanche, la préfecture de Haute-Garonne a affirmé que le couple était "venu s'interposer au milieu des forces de l'ordre. Invitées à circuler, les personnes ont alors proféré des insultes à l'encontre des policiers et l'une a tenté de dérober une grenade".

Le couple "avait une attitude vindicative, il a invectivé les CRS et les a pris à partie physiquement. Les CRS ont alors réagi en utilisant la matraque et le couple est tombé au sol", avait auparavant indiqué à l'AFP une source policière.

Contacté par l'AFP, M. Bouré, hémiplégique et souffrant de problèmes respiratoires depuis 2014 à la suite d'un AVC, a précisé qu'un "dépôt de plainte est en cours" de sa part.

Alors qu'il tentait de quitter la manifestation, bloqué par un cordon de sécurité, "un des policiers a arraché les lunettes de ski que je portais", a-t-il raconté.

"j'ai essayé de les reprendre, je n'essayais pas de lui rentrer dedans, il s'est énervé et m'a alors aspergé de gaz lacrymogène".

Depuis le 17 novembre, Toulouse constitue l'un des bastions du mouvement des "gilets jaunes", avec des manifestations systématiquement marquées de violences.

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