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A Paris, des capteurs à l'école pour mesurer la pollution, avant de sévir

A Paris, des capteurs à l'école pour mesurer la pollution, avant de sévir
"La canicule montre qu'il y a urgence", a déclaré mercredi la maire PS de Paris Anne Hidalgo, en inaugurant les premiers capteurs de pollution installés dans des écoles de la capitaleMYCHELE DANIAU
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"Le week-end, sa respiration et son souffle s'apaisent". La semaine, c'est une autre histoire: comme d'autres parents, Elina Arlanda s'alarme de voir sa fille subir de plein fouet la pollution à l'école, exacerbée par la canicule, et dont le niveau sera désormais mesurée par des capteurs.

"La canicule montre qu'il y a urgence". "Ce que nous faisons ici, c'est poser (...) une mesure précise de la pollution atmosphérique dans un lieu qui doit être protégé", a déclaré mercredi à des journalistes la maire PS de Paris Anne Hidalgo, en inaugurant les premiers capteurs installés dans des écoles de la capitale.

Au total, entre 40 et 50 crèches, maternelles ou collèges seront progressivement dotés de 150 capteurs placés dans la rue, mais aussi à l'intérieur de l'établissement.

"Paris pourra être un modèle pour les autres", a renchéri le milliardaire américain et ancien maire de New York, Michael Bloomberg qui finance entièrement le projet, soulignant que sa fondation veut "accélérer les choses" pour atteindre zéro émission carbone avant la date butoir de 2050.

Le constat est accablant, selon les professionnels: 27% des établissements recevant du "public sensible" sont exposés au dépassement des seuils réglementaires de NO2 (dioxyde d'azote), ainsi que 31% des établissements sportifs à Paris et dans sa couronne, selon une carte de l'Unicef, WWF, Réseau Action climat et l'association Respire. A Paris, 548 établissements sont exposés aux dépassements des normes, détaille Respire.

Une fois la pollution évaluée, la Ville de Paris veut mener de nouvelles actions: "Végétaliser pour absorber la pollution, faire pousser des plantes, aménager et réorganiser des classes", par exemple en déménageant celles soumises à un haut niveau de pollution dans une autre partie de l'école moins touchée, explique à l'AFP cette source.

- "Interdiction de circulation " -

Parmi les pistes envisagées à plus long terme, une interdiction de circulation aux heures de dépose des enfants et de récréation. "Ca peut être l'une des pistes notamment pour certaines écoles au bord du périphérique qui sont particulièrement concernées par la pollution", dit à l'AFP Anne Hidalgo.

La pollution "fait partie de la vie parisienne", se désespère auprès de l'AFP Thai Binh Nguyen, 46 ans, directeur artistique. "Il y a juste à regarder la poussière ici, entre la sortie du tunnel et la rue à proximité qui est très embouteillée", souffle-t-il, devant l'école saint-Merri, la plus polluée de la capitale, à deux pas du Centre Pompidou, où sont scolarisés ses enfants de 4 et 7 ans.

Mais, il se dit convaincu que "l'Etat, la préfecture, la mairie" fermeraient "l'école si la pollution était un problème". Mardi, la justice a reconnu pour la première fois une "faute" de l'Etat dans sa politique de lutte contre la pollution de l'air, après le recours d'une mère et sa fille, qui vivaient près du périphérique et souffraient de problèmes respiratoires.

Car, pour de nombreux parents, comme Elina Arlanda, 36 ans, la première responsable de la pollution reste la voiture: "La plupart des écoles ont des feux rouges à proximité ou des zones de livraison avec de gros camions en permanence", regrette cette maman d'une fille asthmatique de 4 ans scolarisée école maternelle Vivienne (IIe arrondissement), non loin de la place de l'Opéra. "Ca induit une pollution en permanence avec du mauvais air, de la poussière qui rentre dans l'école", estime-t-elle.

Les autorités doivent "délimiter un périmètre (de circulation) près de l'école maternelle", plaide-t-elle. Une ambition que partage l'Unicef, favorable à l'instauration d'une "zone à faibles émissions" autour des établissements scolaires et équipements sportifs.

En attendant, les conséquences sur la santé se multiplient: "Problèmes respiratoires - asthme, bronchites et rhumes à répétition -, diminution des défenses immunitaires, allergies respiratoires mais aussi alimentaires, diabète, dépression, problème de concentration...", égrène Jodie Soret, chargée de la campagne sur la pollution de l'air au sein du Fonds de l'ONU pour l'enfance, soulignant que "ça attaque l'enfant à de nombreux niveaux".

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