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La disparition de la petite Fiona avait bouleversé la France: condamnée, sa mère va être libérée avant un nouveau procès

La disparition de la petite Fiona avait bouleversé la France: condamnée, sa mère va être libérée avant un nouveau procès

La Cour de cassation a annulé mercredi la condamnation de la mère de la petite Fiona à vingt ans de réclusion en appel pour les coups mortels portés à sa fille en 2013 et ordonné un nouveau procès, ce qui lui permet de sortir de prison, a-t-on appris de son avocate.

La haute juridiction, dont les motivations n'étaient pas disponibles dans l'immédiat, a annulé cette condamnation prononcée par la cour d'assises de la Haute-Loire en février 2018 et le dossier sera rejugé par une nouvelle cour d'assises d'appel, selon Me Claire Waquet. Cécile Bourgeon ayant fini de purger la peine de cinq ans de prison prononcée en première instance, elle peut sortir de prison et comparaîtra libre à ce troisième procès.

Le 12 mai 2013, la mère de Fiona avait déclaré sa disparition dans un parc de Clermont-Ferrand, alors qu'elle s'était assoupie, exténuée par sa grossesse. Un mensonge inventé de toutes pièces qui mobilisera, outre les enquêteurs, de nombreux habitants de Clermont-Ferrand partis à la recherche de l'enfant, émus par la détresse affichée de la jeune femme.


Le couple, connu pour toxicomanie

Mais son attitude calme et détachée intriguent. Les écoutes révèlent que Cécile Bourgeon fait même des emplettes à Vichy pour soigner son apparence. Et dans l'ordinateur du couple sont aussi découvertes des images se rapportant à plusieurs affaires de disparition d'enfant, dont celle de Typhaine, battue à mort par ses parents au même âge que Fiona à Maubeuge (Nord).

Interrogés quatre mois plus tard dans un commissariat de Perpignan, l'histoire de Cécile Bourgeon et de son compagnon, Berkan Makhlouf s'effondre. Le couple, connu pour toxicomanie, avoue le décès de l'enfant, la mère et son compagnon s'accusant mutuellement d'avoir porté les coups mortels. Car Fiona serait décédée d'un "enchaînement fatal de violences", selon la juge d'instruction chargée de l'enquête. Pour son dernier jour d'école, Fiona était en effet apparue sans énergie, la mine grise et les yeux cernés au point d'être comparée à "un petit cadavre", selon un témoin de l'établissement scolaire. Le lendemain au cinéma, elle avance comme un "zombie". Un bandeau vise à cacher un hématome au niveau de la tempe de son visage partiellement tuméfié.

"Le vrai débat sera de savoir qui a porté les coups mortels à Fiona. Or, Cécile Bourgeon assure qu'elle n'a jamais porté la main sur sa fille", avaient indiqué à l'AFP ses avocats, Mes Gilles-Jean et Renaud Portejoie. De son côté, Berkane Makhlouf sembliat "désireux de s'expliquer", selon son conseil Me Mohamed Khanifar. "Il n'accepte pas d'être injustement accablé pour un crime qu'il n'a pas commis et, bien qu'il soit incapable de s'en souvenir, il souhaite réellement que le corps de Fiona soit retrouvé", dit-il.

Les anciens concubins avaient indiqué aux enquêteurs l'avoir enterré, nue, à la lisière d'une forêt près du lac d'Aydat, à une vingtaine de kilomètres de Clermont-Ferrand. Mais ont-ils dit encore une fois toute la vérité ?

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