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Asile: CFDT et CGT tirent à boulets rouges sur le projet de loi

Asile: CFDT et CGT tirent à boulets rouges sur le projet de loi
Laurent Berger (c), secrétaire général de la CFDT, à Paris le 15 mars 2018ALAIN JOCARD

Le projet de loi "asile et immigration", débattu à l'Assemblée, va "renforcer la vulnérabilité" des migrants, a dénoncé mardi la CGT, tandis que la CFDT a accusé l'exécutif de "cultiver la peur de l'étranger" pour imposer une "politique sans perspective".

"Le projet du gouvernement est marqué par la suspicion vis-à-vis des migrants, la pénalisation est attentatoire aux libertés fondamentales", estime la CGT dans un communiqué.

Selon elle, "le gouvernement, comme sur d'autres sujets d'actualité, fait le choix de renforcer la vulnérabilité des individus. Il soumet ces milliers de femmes et d'hommes à des conditions de travail indignes".

La réforme contient "un ensemble de dispositions qui ne font que surenchérir dans une +fermeté+ désormais incantatoire et irréaliste", déplore, de son côté, la CFDT, dans un document de 10 pages adressé aux parlementaires et transmis à la presse. "Autant de mesures qui oublient l'humain derrière les flux migratoires", résume-t-elle.

Il s'agit d'une "dérive dangereuse de la politique migratoire française", qui est "de plus en plus contraire aux valeurs fondamentales de la société française".

Cette politique "engage le service public comme ses agents dans une politique mécanique aussi impuissante qu'incohérente", déplore la CFDT. "Les personnels mettant en œuvre la politique migratoire du gouvernement sont aujourd'hui soumis à des conditions de travail qui remettent en cause la qualité du travail qu'ils peuvent être en mesure de réaliser", développe-t-elle.

Le projet de loi induit, par ailleurs selon la centrale, une "nouvelle fragilisation du droit des étrangers".

En voulant "réduire les délais de l'instruction de la demande d'asile" sans "aucun moyen supplémentaire", il n'y a "qu'une seule variable d'ajustement: les droits des personnes", estime le syndicat, qui craint notamment une "remise en cause du droit d'appel".

La CFDT "s'inquiète", enfin, "de voir qu'on cultive la peur de l'étranger pour tenter d'imposer un +consensus+ autour d'une politique sans perspective".

Le premier syndicat du secteur privé réclame un "débat rationnel" sur la question migratoire.

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