Attentats en Corse: la défenseure des prisonniers nationalistes mise en examen

Attentats en Corse: la défenseure des prisonniers nationalistes mise en examen
Des militants de l'association de soutien aux prisonniers corses incarcérés sur le continent, Sulidarita, participent à une conférence de presse, le 20 novembre 2010 à AjaccioSTEPHAN AGOSTINI

La présidente de l'association de soutien aux prisonniers nationalistes corses a été mise en examen mardi, soupçonnée d'avoir aidé dans sa cavale un suspect de l'enquête sur des attentats à la roquette contre des gendarmeries en Corse en 2013, a appris l'AFP auprès de ses avocats.

Katty Bartoli, présidente de Sulidarità, a été mise en examen à Paris par une juge antiterroriste pour "recel de malfaiteurs terroristes" et laissée libre sous contrôle judiciaire, ont-ils précisé.

"Nous n'avons eu accès au dossier, très volumineux, que ce matin (mardi) et nous devrons en prendre connaissance, Mme Bartoli fera donc valoir son droit au silence", ont déclaré à l'AFP Me Jean-François Casalta et Marc-Antoine Luca, juste avant l'audition.

Au moment de sa convocation à 14h30, un rassemblement de soutien, réunissant une trentaine de personnes, a eu lieu a proximité du commissariat de police d'Ajaccio.

Corsica Libera, le parti de Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée de Corse, lui a apporté "un soutien et une solidarité sans réserve".

"La convocation d'une militante politique dans une affaire dite de +terrorisme+ - appelation que nous rejetons -, plus de trois ans après la décision de démilitarisation prise par le FLNC, le refus de la levée du statut de +Détenu Particulièrement Surveillé+ pour Yvan Colonna (…) relèvent d'une approche de la situation politique corse d'un autre temps", écrit dans un communiqué le président du groupe Corsica libera à l'Assemblée de Corse, Petru Antone Tomasi.

En octobre, Mme Bartoli avait été placée en garde à vue en Corse, un mois après l'arrestation de Franck Paoli, recherché depuis presque quatre ans.

Interpellé le 12 septembre en Corse, cet homme de 35 ans avait été mis en examen deux jours plus tard à Paris pour, notamment, dégradation avec explosifs en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste, selon une source judiciaire. Il avait été incarcéré en région parisienne, à Fleury-Mérogis.

Le 5 décembre 2013, les deux plus grosses casernes de gendarmerie de Corse, à Ajaccio et Bastia, avaient été la cible d'attaques à la roquette antichar.

Ces actions, jamais revendiquées et qui n'avaient pas fait de victimes, avaient été interprétées comme une riposte à des arrestations de sympathisants nationalistes, soupçonnés de deux séries d'attentats contre une quarantaine de résidences secondaires appartenant à des continentaux en mai et décembre 2012. Ces actions avaient, elles, été revendiquées par le FLNC (Front de libération nationale de la Corse).

Dans le cadre de cette information judiciaire, ouverte le 25 mars 2014, l'avocat Dominique Ferrari, alors bâtonnier d'Ajaccio, a été mis en examen en octobre 2014. Les enquêteurs ont retrouvé un arsenal dans un box appartenant à sa sœur et soupçonnent l'avocat d'en avoir été le gérant de fait, ce qu'il a contesté.

Dans le même temps, deux autres hommes, dont les traces ADN avaient été retrouvées dans ce box, ont été mis en examen, et l'un d'eux écroué.

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