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Bahreïn: confirmation en appel de la condamnation à perpétuité du chef de l'opposition chiite

Bahreïn: confirmation en appel de la condamnation à perpétuité du chef de l'opposition chiite
Un Bahreini porte un portrait du leader de l'opposition chiite cheikh Ali Salmane lors d'une manifestation le 29 mai 2016, dans le village de Zinj près de ManamaMOHAMMED AL-SHAIKH

La cour suprême de Bahreïn a confirmé lundi en appel la peine de prison à perpétuité du chef de l'opposition chiite, Cheikh Ali Salmane, ainsi que celle de deux de ses collaborateurs, selon une source judiciaire.

Il s'agissait de son dernier recours avant application de la peine.

A la tête du mouvement Al-Wefaq, M. Salmane avait été condamné le 4 novembre pour "intelligence avec le Qatar (...) dans le but de renverser l'ordre constitutionnel du pays", un jugement dénoncé comme politique par des ONG de défense des droits humains.

Résidant hors de Bahreïn, ses deux collaborateurs Hassan Sultan et Ali al-Aswad avaient été condamnés à la même peine par contumace, poursuivis également pour "intelligence" avec le Qatar, pays du Golfe boycotté par Manama et d'autres alliés de l'Arabie saoudite.

L'inculpation de Cheikh Ali Salmane était intervenue après l'embargo décrété en juin 2017 contre le Qatar par l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis et l'Egypte.

Ces pays avaient accusé le Qatar de soutenir des mouvements islamistes radicaux, ce que Doha a démenti, et de se rapprocher de l'Iran chiite. Le Qatar avait accusé ses adversaires de chercher à mettre sa politique étrangère sous tutelle.

Bahreïn, dirigé par une monarchie sunnite, a été secoué par des troubles à partir de 2011, lorsque les forces de sécurité ont réprimé les protestations de la majorité chiite qui réclamait une monarchie constitutionnelle et un Premier ministre issu de la majorité parlementaire.

Les procès d'opposants n'ont jamais cessé depuis, et des mouvements d'opposition, comme Al-Wefaq, ont été dissous tandis que des centaines d'opposants sont actuellement emprisonnés, jugés ou déchus de leur nationalité.

Les autorités de Bahreïn ont accusé l'Iran d'être responsable des troubles dans le royaume, ce que Téhéran a démenti. Doha aussi a récusé tout lien avec M. Salmane.

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