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Budget: Bruno Le Maire promet de mettre à contribution les entreprises

Budget: Bruno Le Maire promet de mettre à contribution les entreprises
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire entouré d'autres membres du gouvernement français, à la sortie du conseil des ministres le 22 août 2018 à l'Elysée, à ParisBertrand GUAY

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a annoncé lundi le report au 1er octobre 2019 d'une baisse de cotisations patronales de quatre points, qui devait entrer en vigueur au 1er janvier, afin de contenir le déficit public.

Ce report, décidé dans le cadre du projet de loi de finances pour 2019, et qui concerne les salaires au niveau du SMIC, va permettre "d'économiser plus de deux milliards d'euros", a assuré M. Le Maire sur RTL.

Selon le ministre, la transformation du Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) en baisse de charges pérennes, promesse de campagne d'Emmanuel Macron, aura en revanche bel et bien lieu au 1er janvier.

"En plus de cette transformation du crédit d'impôt en allègement de charges, nous avions prévu un nouvel allègement de quatre points supplémentaires des cotisations sociales au niveau du SMIC pour toutes les entreprises dès le 1er janvier 2019", a rappelé M. Le Maire.

"J'ai proposé au président de la République et au Premier ministre que nous reportions cet allègement de quatre points supplémentaires du 1er janvier 2019 au 1er octobre 2019. Il est différé, ça permet d'économiser plus de 2 milliards d'euros", a-t-il ajouté.

"On ne peut que s'en désoler et regretter le signal négatif", a réagi le nouveau président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, lors d'un point de presse à la veille de l'Université d'été de l'organisation patronale.

- "Question de justice" -

Autre mesure, annoncée quelques heures plus tard par M. Le Maire lors d'une rencontre organisée par l'Association des journalistes économiques et financiers (Ajef): la hausse du taux du cinquième acompte de l'impôt sur les sociétés (IS) pour les entreprises réalisant plus de 250 millions d'euros de chiffre d'affaires.

"Il n'y aura pas d'élargissement mais celles qui y sont soumises verront le taux augmenter par rapport aux trois tranches existantes", a expliqué le ministre, disant anticiper un gain de 1,3 milliard d'euros pour les finances publiques.

Avec cette mesure, les "taux seront désormais de 95% pour les entreprises de 250 millions à un milliard d'euros de chiffre d'affaires, de 98% pour les entreprises de un milliard à cinq milliards de chiffre d'affaires et de 98%, taux inchangé, pour les entreprises de plus de cinq milliards d'euros de chiffre d'affaires", a détaillé M. Le Maire.

Les acomptes d'impôt sur les sociétés sont des versements payés par anticipation par les entreprises sur une partie de leur chiffre d'affaires. "Il s'agit d'avances de trésorerie. Cela ne changera pas le montant final d'impôt sur les sociétés payé par les entreprises", a précisé Bercy à l'AFP.

Avec ces deux mesures, "tout le monde sera mis à contribution pour rétablir les équilibres des finances publiques, les entreprises aussi", a assuré M. le Maire, y voyant "une question de justice".

"Ca ne fait que résoudre un problème de très court terme pour la trésorerie de l'Etat en 2019 et ça ne résout pas les vrais problèmes structurels de ce pays, 57% de dépense publique sur le PIB" alors que la moyenne européenne est autour de 50%, a au contraire estimé M. Roux de Bézieux.

Un avis partagé par la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), qui a dénoncé dans un communiqué le report d'allègement de charges annoncé par Bercy.

C'est "une mauvaise nouvelle pour les entreprises qui devront prendre en compte ce revirement, qui impactera négativement le coût des salaires en 2019", a-t-elle estimé.

Le gouvernement est régulièrement critiqué, notamment par la gauche, pour ses choix budgétaires jugés très favorables aux entreprises et pas assez aux salariés ou aux retraités, et donc au pouvoir d'achat.

"Que nous fassions une politique pro-entreprises, c'est évident, et je le revendique. Mais nous le faisons pour les Français", s'est défendu Bruno Le Maire, assumant un "choix politique". L'objectif, c'est de "créer plus de travail pour les Français", a-t-il ajouté.

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