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Christian Jacob, "bon sens" et volonté de "rassemblement" pour rebâtir Les Républicains

Christian Jacob,
Le nouveau président des Républicains, Christian Jacob, le 19 septembre 2019 lors d'un meeting à BelfortSEBASTIEN BOZON

Elu dimanche à la tête de LR pour "réconcilier et rebâtir" un parti en crise, Christian Jacob est un chiraquien historique qui, après des années de syndicalisme agricole et trois portefeuilles ministériels, a dirigé pendant neuf ans les députés de droite.

Cet ancien agriculteur de 59 ans, qui revendique un "bon sens paysan", a prévenu dès juin: il n'a "aucune ambition" pour la présidence de la République. Ce qui pourrait l'affaiblir dans un parti biberonné aux leaders charismatiques, mais lui donne aussi les mains libres pour initier le "rassemblement" qu'il prône sans relâche.

"On a perdu du fait de nos divisions, les querelles d'égo ont été mortifères", affirme M. Jacob, en refusant de se résoudre "à ce que des gens sincèrement de droite en soient amenés à voter pour LREM ou le RN".

Brice Hortefeux, proche de Nicolas Sarkozy, l'avait adoubé dès juin, après la démission de Laurent Wauquiez dans le sillage de l'échec historique de LR aux européennes: "nous avons besoin de nous retrouver autour d'une personnalité qui apaise, rassemble, concilie".

Légitimiste et régulièrement confirmé comme patron du groupe LR, l'élu "a l'immense avantage de pouvoir parler à tout le monde, grands élus locaux, anciens présidents, anciens ministres, députés, et d'être le trait d'union un peu de toutes les droites", souligne Damien Abad, le vice-président de LR. Un atout précieux après le départ de Valérie Pécresse et le soutien de dizaines d'élus locaux à Emmanuel Macron en vue des municipales de 2020.

Gaulliste dans l'âme, et plutôt conservateur, Christian Jacob est "issu de la France profonde" et "sait s'adresser aux militants", abonde le député Marc Le Fur. "Je suis intimement convaincu que le peuple de droite existe, il est là, c'est à nous de savoir le faire revivre", affirme l'ex-maire de Provins, qui a sillonné le pays lors d'une cinquantaine de déplacements lors de sa campagne.

- "Chiraco-chiraquien" -

Sur le fond, "il est sur une ligne sociale, chiraquienne" qui "correspond à l'ADN de beaucoup de parlementaires", souligne Damien Abad.

Poussé par les caciques du parti, il apparaissait donc comme le grand favori face au souverainiste Julien Aubert et au libéral Guillaume Larrivé dans la course à la présidence. Deux candidats avec qui avait refusé de débattre avant le scrutin, pour ne pas affronter des membres de sa famille politique.

Mais "Jacob, ça fait Wauquiez", prévient une source parlementaire, qui ne voit rien de neuf dans ce président et craignant que cela ne conduise à la mort du parti.

Face à ce défi, Christian Jacob "pourrait s'entourer d'éléments nouveaux" et "faire une belle équipe" avec "du sang neuf", suggèrent des caciques.

Né dans une famille installée depuis des générations dans la Brie, Christian Jacob, qui a arrêté l'école à 17 ans, brevet agricole en poche, a plus d'un tour dans son sac. "As de la tactique et compagnon solide", salue Guillaume Larrivé. Il peut être "un vrai tueur", affirme un détracteur.

A la tête du Centre national des jeunes agriculteurs de 1992 à 1994, député depuis 1995, Christian Jacob a été plusieurs fois ministre: en 2002 à la Famille, puis aux PME, et enfin à la Fonction publique jusqu'en 2007.

"Je suis chiraco-chiraquien!", aime dire cet homme affable, bon vivant et chasseur à ses heures, père de deux enfants et grand-père de quatre petits-enfants.

Christian Jacob est apprécié de ses pairs de gauche comme de droite. "Il est d'un +commerce agréable+ avec un bon sens paysan qui sait mêler franchise des relations et opiniâtreté dans la défense de ses points de vue", reconnaît André Chassaigne, patron des députés PCF.

Christian Jacob étrille, lui, les "marcheurs", perçus comme "hors sol" et sans colonne vertébrale : "On nous a survendu un +nouveau monde+ qui est en fait pire que l'ancien car il est blessant, hautain et condescendant", lançait-il en début d'année à l'Assemblée.

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