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Collectivités: Philippe plaide pour restaurer le dialogue, les élus sceptiques

Collectivités: Philippe plaide pour restaurer le dialogue, les élus sceptiques
Le Premier ministre Edouard Philippe le 27 septembre 2018 au congrès des régions à MarseilleChristophe SIMON

Édouard Philippe a affirmé jeudi sa volonté de rétablir le dialogue, très détérioré, avec les collectivités territoriales, sans parvenir à convaincre les élus locaux réunis à Marseille pour le congrès des régions.

"Personne ne veut revenir sur la conception décentralisée de la République, et surtout pas le gouvernement", a assuré le Premier ministre en réponse aux critiques des élus qui accusent l'exécutif de mener une politique de "recentralisation".

Devant plus d'un millier d'élus et responsables territoriaux, le chef du gouvernement s'est attaché à répondre point par point à l'"appel de Marseille" en faveur des libertés locales, lancé mercredi par les trois grandes associations d'élus (Régions de France, Assemblée des départements (ADF), Maires de France (AMF).

"Le lien indispensable qui doit se tisser entre nous a été distendu, je ne crois pas qu'il ait été cassé", a-t-il fait valoir, soulignant qu'"on ne peut réparer le pays sans travailler en confiance avec les collectivités".

"Je ne nie pas l'ampleur des efforts que l'État vous demande", mais "mon objectif et de faire en sorte que le cap fixé par le président de la République soit tenu", notamment en terme de maîtrise des dépenses, a-t-il dit.

Le Premier ministre a martelé sa volonté d'"améliorer" les dispositifs mis en place, comme les contrats financiers avec l'État ou la Conférence nationale des territoires (CNT), vivement critiqués par les élus. "Nous pouvons améliorer le fonctionnement de la CNT, mais j'y tiens, a-t-il averti. Nous pouvons faire en sorte qu'elle soit plus fluide".

A l'appel lancé mercredi par les élus, Edouard Philippe a opposé un "pari de Marseille" sur les contrats financiers : "Je fais le pari qu'à l'avenir, quel que soit le gouvernement, on ne reviendra pas sur cette méthode de contractualisation financière" pour limiter les dépenses publiques.

- Question de méthode -

L'intervention du Premier ministre a laissé sceptiques les élus locaux, qui avaient exprimé la veille leur "profond malaise" et leur "ras le bol" de n'être pas écoutés ni même consultés sur des politiques qui les concernent directement.

"Le seul élément positif que je retiens, c'est le fait qu'il soit venu", a réagi Hervé Morin (centriste), le président de Régions de France. Les présidents de régions se rendront le 19 octobre à Matignon à l'invitation du Premier ministre pour évoquer les différents dossiers. "Mais les conditions ne sont pas revenues pour que nous nous retrouvions à la table de la CNT", a prévenu M. Morin.

En juillet, les trois associations (ADF, AMF, Régions) avaient boycotté cette Conférence nationale des territoires, réunissant les représentants de l'ensemble des collectivités, mise en place au début du quinquennat. L'instance de dialogue de la conférence doit se réunir mi-octobre, pour une prochaine CNT en fin d'année.

"Tout cela manque de méthode" a résumé le président de la région Grand Est, Jean Rottner (LR). Et pour Carole Delga (Occitanie, PS), le Premier ministre n'a pas répondu à la "volonté d'unité, d'être avec l'Etat" des élus.

Un appel "à la relance de la décentralisation", signé par plus de 1.200 élus toutes tendances confondues, avait été lancé à la veille du congrès.

Hervé Morin a rejeté toute "posture politique" dans cette démarche. "Jamais vous n'avez eu des présidents d'associations aussi bienveillants à l'égard du gouvernement. Jamais nous n'y avons autant cru", a-t-il fait valoir, pour déplorer l'impasse actuelle.

Pour manifester leur bonne volonté, les présidents de régions ont salué à plusieurs reprises de façon appuyée la qualité du travail conduit avec la ministre des transports, Elisabeth Borne, présente dans la salle, sur la mobilité ferroviaire, mais aussi avec le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer.

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