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Condamnations unanimes en France après le bond des actes antisémites

(Belga) Le bond des actes antisémites en 2018 en France a suscité mardi une condamnation unanime de la part du gouvernement, de responsables politiques et des organisations juives, certains y voyant une marque d'une "libération de la parole".

Ce weekend a été marqué par plusieurs dégradations: image de Simone Veil - figure de la vie politique française et européenne, déportée à 15 ans dans le camp d'Auschwitz - barrée d'une croix gammée, tag "Juden" sur la vitrine d'un restaurant parisien, arbre en mémoire d'Ilan Halimi vandalisé. Jeune Juif de 23 ans, Ilan Halimi avait été retrouvé mourant (avant de décéder) après avoir été séquestré et torturé pendant plusieurs semaines en 2006 en banlieue parisienne par un groupe surnommé le "Gang des barbares". Lundi, le ministre français de l'Intérieur Christophe Castaner a dénoncé un "poison" en annonçant une hausse de 74% des actes antisémites en 2018. Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Francis Kalifat a appelé à "un sursaut national", déplorant auprès de l'AFP la "libération et la banalisation de la haine antijuive". Joël Mergui, président du Consistoire israélite de France, a lui évoqué sur la chaîne BFMTV "un climat où la désinhibition des haines est de plus en plus patente". "La situation est ancienne", a noté Jean Veil, avocat et fils de Simone Veil. "Personne n'osait manifester son antisémitisme après la Guerre. Mais au fond, on sentait que la lèpre était toujours là", a-t-il commenté sur la radio RTL. Dans la classe politique, la condamnation a été large, du Parti communiste français à Debout la France (parti de droite souverainiste) en passant par le parti centriste MoDem et les écologistes. Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise (LFI, gauche radicale), a dénoncé dans un tweet ces "tags antisémites (qui) expriment la stupidité meurtrière sans fin des préjugés racistes". Chez Les Républicains (droite), le premier vice-président du parti Guillaume Peltier a fustigé "des extrémistes de gauche et de droite qui se croient tout permis" alors qu'on a "érigé en valeur absolue la liberté d'expression". Le gouvernement français par la voix de son porte-parole Benjamin Griveaux a promis une réponse "pénale, judiciaire" forte. "Le complotisme est très présent dans (les) rangs" des "gilets jaunes", a pour sa part dénoncé le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne, arguant d'un sondage Ifop montrant que 44% des personnes se définissant comme "gilets jaunes" se disent d'accord avec l'idée de l'existence d'un complot sioniste à l'échelle mondiale. Dénonçant une "instrumentalisation", le député LFI Alexis Corbière a appelé à ne pas "raconter n'importe quoi: le mouvement des gilets jaunes n'est pas un mouvement antisémite". Mais pour Jean Veil "en réalité, à l'extrême droite comme à l'extrême gauche on voit des mouvements et on entend des propos absolument intolérables." (Belga)

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