Corse: Castaner désavoue le soutien d'élus LREM aux revendications nationalistes

Corse: Castaner désavoue le soutien d'élus LREM aux revendications nationalistes
Christophe Castaner, délégué général de LREM et ministre des Relations avec le Parlement, le 26 janvier 2018 à ParisALAIN JOCARD

Le dirigeant de La République en Marche (LREM), Christophe Castaner, a désavoué dimanche le soutien des élus locaux du mouvement présidentiel à une résolution nationaliste en Corse, en affirmant qu'ils n'avaient "pas voté une position de LREM".

Les six élus macronistes corses ont voté dans la nuit de vendredi à samedi à l'Assemblée de Corse une résolution solennelle, déposée par les dirigeants nationalistes reprenant leurs principales demandes, qui sera remise mardi à Emmanuel Macron lors de sa venue dans l’île.

"Le seul positionnement politique de La République en Marche n'est pas celui de la motion qui est adoptée, je vous le dis, il est celui du discours du président de la République qu'il a tenu à Furiani pendant la campagne", a affirmé le délégué général de LREM lors du "Grand Jury" LCI-RTL-Le Figaro.

"Ils n'ont pas voté une position qui est celle de la République en Marche", a-t-il insisté. Ce vote a également été désavoué dimanche par les "animateurs" des comités locaux de LREM dans l'île.

Pour M. Castaner, également secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, il ne s'agit pas d'un "rappel à l'ordre", car les six élus macronistes de l'Assemblée de Corse sont "libres".

Dimanche soir, le chef de file des élus macronistes de l'île et maire de Bonifacio (Corse-du-Sud), Jean-Charles Orsucci, a répliqué, indiquant avoir appris après cet épisode, "de façon officieuse", l'annulation d'une étape de M. Macron dans sa ville, prévue "à titre privée".

"J'ose espérer que c'est pour des raisons d'agenda", a déclaré l'élu à l'AFP, indiquant avoir "tout fait pour que la résolution soit d'inspiration macronienne", et qu'aucun point n'était "en contradiction avec le discours d'En Marche".

- Une visite très attendue -

Emmanuel Macron effectue mardi et mercredi l'un des déplacements les plus sensibles depuis son entrée à l'Elysée en se rendant en Corse, où il est très attendu sur sa vision de l'avenir de l'île, 72 heures après une manifestation à l'appel des dirigeants nationalistes.

Le premier article de la résolution de l'Assemblée de Corse appelle Emmanuel Macron à ouvrir "un dialogue sans préalable ni tabou entre l'Etat et la Corse". Le second demande que "la Corse fasse l’objet d’une mention spécifique dans la Constitution".

Le troisième réclame le "rapprochement de tous les prisonniers condamnés pour des actes en relation avec la situation politique de la Corse" et qu'une "mesure d’amnistie intervienne au terme du règlement définitif de la question corse ".

"Il aurait été préférable que Christophe Castaner et (le porte-parole du gouvernement) Benjamin Grivaux voient la résolution" avant de se prononcer a ajouté M. Orsucci, expliquant que le texte des nationalistes avait été modifié sous l'impulsion d'En Marche, notamment sur la question des prisonniers et de l'amnistie.

Sur France 3, Benjamin Grivaux a appelé de son côté à se concentrer sur "l'avenir" de l'île. "Le dialogue a commencé il y a plusieurs semaines avec le nouvel exécutif" corse, a-t-il souligné, rappelant plusieurs lignes rouges du gouvernement, sur le refus d'un statut fiscal pour les résidents ou l'examen "au cas par cas" de la situation des prisonniers.

Quid de l'absence de Jean-Guy Talamoni aux cérémonies d'hommage au préfet Erignac ? "C'est sa décision", a dit le porte-parole, avant de juger "important que la République puisse rendre hommage à ce préfet assassiné d'une balle dans le dos".

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