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Corse: Paul Giacobbi condamné en appel à 3 ans de prison avec sursis

Corse: Paul Giacobbi condamné en appel à 3 ans de prison avec sursis
L'ex-député DVG Paul Giacobbi, à Ajaccio, le 24 avril 2014Pascal POCHARD-CASABIANCA

L'ex-député DVG Paul Giacobbi, 60 ans, a été condamné mercredi en appel à Bastia à 3 ans de prison avec sursis, 5 ans d'inéligibilité et 25.000 euros d'amende pour détournement de fonds publics au préjudice du département de Haute-Corse qu'il a présidé de 1998 à 2010.

En février, à l'audience devant la cour d'appel, l'avocate générale avait demandé contre l'ex-homme fort de la vie politique en Haute-Corse trois ans de prison ferme, 100.000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité, des réquisitions correspondant à la peine à laquelle il avait été condamné en première instance en janvier 2017.

Les juges l'ont reconnu responsable du détournement de 480.000 euros de subventions, censées être accordées à des propriétaires de gîtes ruraux, pour promouvoir le développement du tourisme insulaire. Selon l'accusation, M. Giacobbi était "à la tête de tout" et le "commanditaire" du système clientéliste mis en place au conseil général de Haute-Corse.

L'avocat de M. Giacobbi --ce dernier était absent mercredi lors du jugement-- a annoncé son intention de déposer un recours devant la Cour de cassation. "Il y a des agissements commis par son cabinet. Paul Giacobbi était-il informé? La cour d'appel dit oui. La décision est prise d'aller en cassation car la motivation des magistrats n'est pas satisfaisante", a déclaré à la presse Me Emmanuel Mercinier-Pantalacci. "La cour n'a pas fait la démonstration de l'implication de (mon) client (qui) considère que cette décision est scandaleuse", a-t-il ajouté.

M. Giacobbi, député de Haute-Corse de 2002 à 2017, a toujours nié les faits et avait dénoncé après sa condamnation en première instance un "assassinat politique". En juin 2017, il ne s'était pas représenté aux élections législatives, après avoir été l'un des premiers à soutenir Emmanuel Macron dans l'île.

Paul Giacobbi est également mis en examen en juin 2017 dans un autre dossier de détournement de fonds, autour d'emplois présumés fictifs qu'il aurait validés, ainsi que de "dépenses somptuaires injustifiées", selon le parquet. Les faits remonteraient à l'époque où il dirigeait l'exécutif corse, entre mars 2010 et décembre 2015, avant l'élection des nationalistes à la tête de la collectivité territoriale.

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