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Costa Rica: 2e semaine de grève du secteur public contre une réforme fiscale

Costa Rica: 2e semaine de grève du secteur public contre une réforme fiscale
Manifestation d'employés du secteur public contre un projet de réforme fiscale, le 10 septembre 2018 à San José, au Costa RicaEZEQUIEL BECERRA

Le Costa Rica entre lundi dans sa deuxième semaine de grève du secteur public, vent debout contre un projet de réforme fiscale prévoyant des hausses d'impôts alors que les députés vont commencer à en débattre.

Le secteur de l'éducation --des écoles primaires à l'université-- ainsi que les hôpitaux publics ont été particulièrement touchés par l'appel à la grève des syndicats.

Le reste des services publics fonctionne peu ou prou normalement, mais des barrages routiers mis en place par des militants entravent la distribution du carburant et des marchandises, y compris à l'international, et affectent le tourisme.

Dans un pays réputé pour sa tranquillité et la placidité de sa population, la grève a même été émaillée d'incidents violents, de pillages et d'allégations de sabotages, notamment dans les installations portuaires de Limon, sur la côte caraïbe.

Des manifestations ont rassemblé des milliers de personnes, dans la capitale San José, mais également dans d'autres villes de ce pays d'un peu plus de 5 millions d'habitants.

La grève, entamée le 10 septembre pour une durée indéfinie, devrait se poursuivre, car les syndicats ont rejeté la proposition du président Carlos Alvarado, en fonction depuis le 8 mai dernier, d'un dialogue sous les auspices des évêques catholiques et des recteurs d'universités.

Des stations services de San José ont dû fermer leurs pompes faute de carburant à la fin de la première semaine de grève en raison des blocages des installations de l'entreprise pétrolière publique Recope.

- Tourisme en baisse -

Le secteur touristique, vital pour ce petit pays tropical, commence à être affecté, a déploré ce week-end la Chambre des hôteliers en faisant état de nombreuses annulations de réservations et d'une baisse de la fréquentation touristique.

"Le gouvernement doit faire respecter la loi, lever les barrages routiers, qui sont par nature illégaux, et garantir ainsi la libre circulation des citoyens et des milliers de touristes qui souhaitent jouir des merveilles du Costa Rica", a réclamé l'organisation professionnelle dans un communiqué.

Les grévistes exigent le retrait du projet de réforme fiscale qui vise, plaide le gouvernement, à contenir le déficit public. Celui-ci a atteint en 2017 6,2% du PIB et pourrait atteindre 7,2% en 2018 sans nouvelles recettes.

La présidente de l'Assemblée législative (Parlement unicaméral) a convoqué pour lundi les 57 députés afin de débattre en session plénière du projet dont la mesure la plus contestée prévoit d'étendre aux services la taxe de 13% sur la valeur ajoutée.

Le projet de réforme est "polémique, il n'est pas populaire, mais il est juste", a martelé samedi le président costaricien à l'occasion des festivités célébrant l'anniversaire de l'indépendance des pays d'Amérique centrale.

Les syndicats reprochent au texte de faire peser la charge de l'augmentation de l'impôt sur les plus défavorisés, mais le président a assuré que celle-ci serait en réalité supportée à 80% par la frange des 20% des Costariciens les plus aisés.

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