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Crise en Algérie - Dissensions au sein du parti de Bouteflika sur la Conférence nationale

(Belga) La "Conférence nationale" qu'a proposée le président Abdelaziz Bouteflika pour réformer l'Algérie avant qu'il transmette le pouvoir "est inutile" et un nouveau président doit être élu "maintenant", a estimé dimanche le porte-parole du parti présidentiel, Hocine Khaldoun, sur la télévision privée Dzaïr News.

La direction du Front de libération nationale (FLN) du chef de l'Etat s'est rapidement "démarquée" des propos de son porte-parole, assurant "rester attachée à l'idée de l'organisation d'une conférence nationale pour sortir de la crise" actuelle en Algérie, indique un bandeau diffusé ensuite par Dzaïr News. Ce nouveau pavé dans la mare illustre une fois de plus les dissensions au sein du régime algérien, confronté depuis un mois à une contestation sans précédent et à des manifestations monstres réclamant le départ immédiat de M. Bouteflika, de son entourage et du "système" au pouvoir. "En toute franchise, nous allons revoir notre position par rapport à la Conférence (nationale) pour décider si on y participe ou non", a déclaré M. Khaldoun sur l'antenne de Dzaïr News, chaîne d'information du groupe d'Ali Haddad, patron des patrons algérien et proche du chef de l'Etat. "La Conférence nationale est inutile" car elle a été massivement rejetée par l'opposition et le mouvement de contestation et le choix des participants pose problème, a estimé M. Khaldoun, proposant "d'élire un président de la République maintenant". A la tête de l'Etat depuis 20 ans, M. Bouteflika a, pour tenter de calmer la protestation, proposé de remettre son pouvoir à un successeur élu lors d'une présidentielle dont la date serait fixée à l'issue d'une "Conférence nationale ouverte à tous", chargée de réformer le pays et d'élaborer une nouvelle Constitution. Ce faisant, il a reporté sine die la présidentielle prévue le 18 avril et prolongé de fait son mandat au-delà de son expiration constitutionnelle le 28 avril, une décision massivement rejetée par la rue. M. Khaldoun a proposé la mise sur pied rapide d'une "instance indépendante" chargée d'organiser la présidentielle et une modification de la loi électorale pour en "garantir la transparence". "Ensuite on va aller à l'élection présidentielle. Et c'est celui qui aura obtenu la majorité des suffrages qui pourra alors s'adresser au peuple et au mouvement" de contestation, a-t-il estimé. (Belga)

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