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Dans l'apathie, la Macédoine du nord désigne son président

Dans l'apathie, la Macédoine du nord désigne son président

(Belga) La Macédoine du Nord a commencé à voter dimanche pour désigner son président, avec un risque d'abstention massive susceptible d'invalider l'élection, signe du divorce entre citoyens et politiques trois mois après le changement de nom du pays.

S'affrontent le candidat de la gauche au pouvoir, Stevo Pendarovski, celle de l'opposition de droite, Gordana Siljanovska-Davkova, et le représentant de la communauté albanaise, Belrim Reka. "Je suis venue faire mon devoir en votant. Mais je ne pense pas que cela puisse avoir une quelconque signification. Pour nous, simples mortels, cela ne changera rien", dit après avoir voté Pavlina Gosheva, 53 ans, une infirmière de Skopje, résumant le sentiment majoritaire. Si le rôle du président est honorifique, il s'agit du premier scrutin depuis que le petit pays balkanique s'est rebaptisé "Macédoine du nord", en vertu d'un accord avec la Grèce salué en Occident, notamment par les responsables de l'Union européenne. En échange, Athènes, qui estimait que "Macédoine" était le nom exclusif de sa province autour de Thessalonique, a levé son veto à l'adhésion de son petit voisin à l'Otan et à l'ouverture de négociations avec l'UE, espérée pour juin. Le nom du Premier ministre social-démocrate Zoran Zaev a été évoqué comme lauréat potentiel du Nobel de la Paix, avec son homologue grec Alexis Tsipras. Cet enthousiasme n'a pas été contagieux auprès des 1,8 million d'électeurs, dont beaucoup restent mécontents de ce nouveau nom perçu comme le fruit d'un diktat de l'étranger. Surtout, la plupart sont d'abord préoccupés par un quotidien difficile marqué par la précarité économique. Le pays reste enlisé dans le marasme économique avec plus de 20% de chômage, un salaire moyen qui stagne à 400 euros, et un exode massif de sa population, épuisée par la corruption, le clientélisme et le népotisme. L'apathie est telle qu'il n'est pas certain que le scrutin accouche d'un successeur au nationaliste Gjorge Ivanov, faute d'atteindre la barre requise des 40% de participation pour valider le scrutin. Sujets à caution, les sondages donnent une légère avance à Stevo Pendarovski et prévoient un second tour le 5 mai contre Gordana Siljanovska-Davkova. Pour le référendum consultatif sur le changement de nom en septembre, les 40% n'avaient pas été atteints. Ouvert à 05H00 GMT (07H00 locales), le scrutin sera clos à 17H00 GMT. Les premiers résultats sont attendus dans la soirée. (Belga)

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