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Depuis sa cellule, Salah Abdeslam entretient des correspondances avec plusieurs femmes

Depuis sa cellule, Salah Abdeslam entretient des correspondances avec plusieurs femmes

Salah Abdeslam a été entendu pour la 12e et dernière fois le 7 juin dernier par le juge d'instruction en charge de l'enquête sur les attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Le djihadiste s'est une nouvelle fois muré dans le silence alors que l'instruction touche à sa fin et que des enquêteurs belges avaient le déplacement depuis Bruxelles pour l'occasion, rapporte mardi Le Parisien. L'homme entretient plusieurs correspondances par écrit avec au moins quatre femmes.

L'unique assaillant encore en vie des attentats du 13 novembre, Salah Abdeslam (30 ans), échange régulièrement par courrier avec plusieurs femmes, au moins quatre. C'est ce qui ressort d'un rapport de policiers de la DGSI rendu public par Le Parisien. Les correspondantes placent Abdeslam Salah "tantôt comme une victime du système judiciaire, tantôt comme un homme pieux dépassé par les événements", selon le rapport de la DGSI, la Direction Générale de la Sécurité intérieure. Des courriers qui témoignent du "charisme gagné par Salah Abdeslam auprès d'une communauté islamiste radicale féminine."

Visite refusée

Les lettres proviennent de plusieurs régions, notamment Düsseldorf en Allemagne. Les échanges les plus fréquents se font avec une certaine Maëva (21 ans), une résidente du Tarn-et-Garonne en France. Elle écrit sur un cahier à grands carreaux, d'une écriture régulière. La jeune femme serait "proche de la mouvance islamiste radicale" et serait en contact avec Salah Abdeslam depuis deux ans déjà. Maëva aurait même fait une demande auprès de l'administration pénitentiaire dans le but de rendre visite au numéro d'écrou 444806 de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, Salah Abdeslam. Elle aurait appuyé sa requête en indiquant vouloir "apporter un soutien moral et entretenir les liens qui [les] unissent dans cette épreuve". Sa demande a été refusée.

"Minus"

Salah Abdeslam se révèle aussi être un homme prosélyte, obsédé par la prière, selon les conversations captées par la sous-direction antiterroriste (SDAT), derrière les barreaux de sa prison. L'homme se montre par ailleurs souvent sujet aux sautes d'humeur et coutumier d'agressions verbales envers le personnel pénitentiaire, poursuit Le Parisien. Un gardien se serait ainsi vu traiter de "minus" tandis qu'un autre, noir de peau, aurait été traité de "singe" lors de diverses altercations.

Deux procès d'envergure à venir

Pour rappel, le procès des attentats de Paris doit se tenir en 2021, au plus tôt. Au total, quatorze personnes, dont onze en détention provisoire, sont mises en examen dans cette enquête tentaculaire.  Petit délinquant radicalisé originaire de Molenbeek, Salah Abdeslam, est le seul membre encore vivant des commandos jihadistes des attentats du 13 novembre. En avril 2018, il a été condamné en son absence à 20 ans de prison à Bruxelles pour tentatives d'assassinat à caractère terroriste, en raison de sa participation à une fusillade contre des policiers survenue à Bruxelles le 15 mars 2016, trois jours avant son arrestation à Molenbeek.

Salah Abdeslam avait déposé les trois kamikazes du Stade de France le soir des attaques avant d'abandonner une ceinture explosive, laissant penser qu'il devait lui aussi mener une attaque-suicide. Salah Abdeslam a été également formellement inculpé en Belgique dans le dossier des attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles. Il  a été inculpé de "participation aux activités d'un groupe terroriste".

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