Des fonctionnaires à l'université pour tromper l'ennui lié au "shutdown"

Des fonctionnaires à l'université pour tromper l'ennui lié au
Un panneau installé devant la Galerie nationale des Arts avertit le public de la fermeture du site en raison de la paralysie partielle des administrations américaines, le 8 janvier 2019 à Washington NICHOLAS KAMM
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Des employés du gouvernement américain au chômage technique depuis le début du "shutdown" se sont retrouvés mardi dans une université de Washington pour tromper l'ennui, gérer le stress ou simplement rencontrer des collègues dans la même situation.

Lors de cette journée à l'école des Affaires publiques de l'Université Américaine, une soixantaine de fonctionnaires ont participé à des ateliers pour "faire un podcast", "gérer le changement" ou se former à "l'intelligence émotionnelle" dans ses relations avec les autres.

Mais, pour beaucoup, c'était surtout l'occasion d'arrêter de tourner en rond en attendant que les ministères et institutions fédérales pour lesquels ils travaillent rouvrent.

Environ 800.000 fonctionnaires sont touchés par la fermeture partielle des administrations le 22 décembre, contraints soit de rester chez eux, soit de travailler mais en devant attendre la fin du blocage pour être payés.

"Ma femme était très contente que je sorte de la maison", explique à l'AFP Adam Santo, cadre au ministère du Commerce.

Au chômage technique depuis près de trois semaines, il passe ses journées "à garder notre fille, m'occuper de la maison, faire les lessives et les repas".

Pour Matthew Garlipp, employé du Trésor, "mon chien adore le temps en plus avec moi (mais) l'important était d'avoir quelque chose à l'agenda".

"C'est une formidable occasion de sortir et d'apprendre quelque chose", ajoute-t-il. Agé de 28 ans, son seul souhait est "de retourner au travail".

Mais derrière l'ennui, tous sont inquiets des conséquences financières de ce "shutdown", qui les prive de salaire alors que les factures s'accumulent.

- Gérer ses émotions -

"Le plus dur en ce moment, c'est de ne pas savoir ce qui va se passer et combien de temps cela va durer", dit Marcela Trask, qui travaille au ministère de l'Agriculture.

Elle s'estime "chanceuse" car son mari n'est pas fonctionnaire et le ménage tient pour l'instant avec un seul salaire. Mais bientôt, "nous devrons puiser dans nos économies pour rembourser notre prêt immobilier et payer les frais de scolarité des enfants", ajoute-t-elle.

Melinda Batson, employée de 44 ans à l'Agence de la santé (FDA) vit son second "shutdown" après celui d'octobre 2013 qui avait paralysé l'administration Obama pendant seize jours.

"Je suis inquiète", dit cette mère célibataire du Maryland, au nord de la capitale fédérale. "J'ai averti mon propriétaire et mes sociétés de cartes de crédit et, jusqu'ici, ils ont été indulgents mais on reste obligés de payer ce qu'on doit".

Elle a notamment choisi la classe de "méditation au travail" pour savoir gérer le stress, la pression et les pensées négatives. "Ça m'aide vraiment pour gérer mes émotions car je n'ai aucun contrôle sur la situation".

Adam Santo, qui s'est formé au podcast, se désole aussi de la paralysie fédérale qui "peut être vécue comme démoralisante" pour les employés du gouvernement".

La situation peut même "dissuader les gens de rejoindre le service public", met en garde Vicky Wilkins, doyenne de l'Ecole des Affaires publiques de l'AU et organisatrice de cette journée.

"Les restaurants, les banques, les propriétaires font leur part", explique-t-elle. "Nous sommes une université et nous disposons de la formation et des connaissances pour montrer notre soutien".

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