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Gilets jaunes en France: des photographes de presse accusent les forces de l'ordre de les avoir délibérément visés

Gilets jaunes en France: des photographes de presse accusent les forces de l'ordre de les avoir délibérément visés
(C) AFP - Valentin Belleville (Facebook)

Trois photographes qui couvraient la manifestation des "gilets jaunes" samedi à Toulouse affirment avoir été "délibérément" visés par les forces de l'ordre, l'un d'eux ayant été blessé notamment à la cuisse, par une grenade selon lui.

"Si je montre cette blessure, c'est pour dénoncer une attaque des forces de l'ordre délibérée contre la presse", a écrit sur sa page Facebook, photo à l'appui, Valentin Belleville, photographe indépendant de 26 ans, rattaché à l'agence Hans Lucas.

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Samedi après-midi, la tension est montée place du Capitole, entre manifestants lançant des projectiles et policiers répliquant avec des tirs de gaz lacrymogènes. "On fait le choix de s'extraire des manifestants pour ne pas se trouver entre les forces de l'ordre et eux", a expliqué dimanche à l'AFP Ulrich Lebeuf, photographe de Libération à Toulouse, qui se trouvait avec Valentin Belleville et Eric Lerbret sur les lieux.

Il a ajouté que tous les trois étaient accroupis. "On portait des casques siglés presse, des brassards de presse et du matériel de vue. On était donc très visibles et très identifiables", a-t-il précisé, en affirmant qu'il n'y avait personne autour d'eux à moins de 25 mètres.

Puis, "une grenade" a explosé aux pieds de Valentin Belleville, a précisé l'intéressé à l'AFP, expliquant avoir été touché à l'arrière-cuisse et au fessier. Selon Ulrich Lebeuf, photoreporter depuis 20 ans, il s'agit d'une "grenade de désencerclement".

On sent clairement une tension des forces de l'ordre envers les médias, ceux qui font des images

Pour Eric Lerbret, le troisième photographe, il ne fait "aucun doute" qu'ils ont été ciblés. "Nous sommes conscients des risques que nous prenons en couvrant ces manifestations, mais notre responsabilité s'arrête du moment où nous sommes délibérément visés", a-t-il dit à l'AFP. "Nous, photographes et vidéastes, sommes de plus en plus touchés, dans un contexte de montée en puissance des violences", depuis le début du mouvement des "gilets jaunes" il y a près de trois mois, a-t-il estimé. "Je demande des explications. Pourquoi des journalistes identifiés ont-ils été visés? On sent clairement une tension des forces de l'ordre envers les médias, ceux qui font des images", s'est insurgé Ulrich Lebeuf.

Les trois photographes ont affirmé avoir fait un signalement à l'IGPN et ils vont porter plainte.

Sollicitée par l'AFP, la préfecture n'a pas souhaité faire de commentaires.


Toulouse, lieu phare du mouvement en France

Depuis le 17 novembre, Toulouse constitue l'un des bastions du mouvement des "gilets jaunes". Les manifestations sont régulièrement marquées par des échauffourées entre forces de l'ordre et fauteurs de troubles, et par d'importantes dégradations dans le centre-ville.

Samedi, plusieurs milliers de manifestants (6.000 selon la police), ont battu le pavé dans la Ville rose.

La préfecture a fait état d'une personne blessée, ainsi que de quatre membres des forces de l'ordre. Dix-sept personnes ont par ailleurs été interpellées, dont 14 étaient toujours en garde à vue dimanche, de même source.

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