Des policiers à moto attaqués à Paris: une vidéo plus longue les montre lancer des grenades sur les gilets jaunes

Des policiers à moto attaqués à Paris: une vidéo plus longue les montre lancer des grenades sur les gilets jaunes

Trois motards de la police ont été brièvement pris à partie samedi sur les Champs-Elysées par des manifestants qui leur ont notamment jeté des pavés et des trottinettes, lors de la manifestation à Paris des "gilets jaunes", selon des images vidéo que se sont procurées l'AFP et selon la préfecture de police.

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La scène, d'une durée d'environ une minute, s'est déroulée au croisement de l'avenue George V et des Champs-Elysées, en fin de journée alors que les forces de l'ordre évacuaient progressivement les Champs. Les policiers ont été pris à partie par une vingtaine de personnes au moment où ils tentaient de remonter sur leur moto, dont l'une se trouvait à terre.

Les manifestants leur ont alors notamment jeté deux trottinettes, des pavés et des pots de fleurs. De leur côté, les policiers ont répliqué avec une bombe lacrymogène, leur matraque ou en donnant des coups de pieds à certains agresseurs. L'un des policiers a aussi dégainé son pistolet en le pointant sur un manifestant, avant de le remettre rapidement dans son étui. Les motards, membres de la Compagnie de Sécurisation et d'intervention (CSI), ont réussi à repartir sur deux motos, la troisième restant couchée à terre, avant que d'autres policiers ne viennent la récupérer peu après.

Selon la préfecture de police, un motard "qui avait été appelé sur un mouvement de foule, a été pris à partie, jeté à terre avec sa moto. Il s'est dégagé. La moto est endommagée mais pas abandonnée". La préfecture a ajouté qu'il n'y avait pas eu d'interpellation. "Nos forces de l'ordre ont été odieusement prises pour cible par des individus face auxquels elles ont réagi avec sang-froid et professionnalisme", a estimé le secrétaire d'Etat, Laurent Nuñez dans un tweet.

Selon des informations communiquées par RTL France, le parquet n'a pas retenu la tentative d'homicide et s'en tient donc aux violences volontaires alors que l'enquête a également été ouverte pour dégradations de biens publics. Cette dernière a donc été confiée au 1er DPJ de la Police judiciaire parisienne.


Une séquence plus longue montre les policiers lancer des grenades

Une vidéo filmée par la journaliste indépendante Stéphanie Roy montre l'instant qui précède le moment où les policiers sont attaqués. Selon son profil Twitter, la journaliste travaille actuellement pour l'agence française Line Press et a auparavant travaillé pour l'agence américaine Associated Press.

Sur la version longue, on voit les les quatre policiers jeter au moins trois grenades, potentiellement assourdissantes, sur le cortège de gilets jaunes. 

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Alors que les dirigeants français ont condamné la violence des gilets jaunes, la question se pose dès lors de savoir si l'usage de grenades était dans ce cas justifié. Nos confrères du Parisien ont interrogé un autre reporter freelance qui se trouvait sur place. Il a décrit une situation déjà "très tendue" à cet endroit. "Il y avait eu des tirs des lacrymos juste avant, c’est pour ça que je me suis dirigé dans cette direction. J’ai alors vu ces motards prendre position au bout de l’avenue Georges V, comme pour bloquer d’éventuels manifestants qui désireraient sortir du cortège, c’était un peu ridicule vu leur nombre, j’ai senti que ça allait mal se passer. Ça ne se voit pas à l’image, mais il n’y avait pas que des Gilets jaunes, derrière moi, il y avait des individus cagoulés, vêtus de noir. Après, je suis bien incapable de dire si les tirs de grenade étaient justifiés", a confié Clément Lanot.

Pour l'instant, il n'y a pas d'autre séquence montrant ce qui précède le lancer de grenades permettant de juger de la décision prise par les agents.


Pourquoi la version longue n'a pas été publiée tout de suite?

L'altercation, survenue vers 17h20 ce samedi, a été rapidement diffusée sur les réseaux sociaux. Mais la version longue n'a été disponible que vers 21h30. Ce délai serait dû à la réalité du terrain et aux outils disponibles pour les journalistes. "Je filmais avec ma caméra, mais quand la situation a vraiment dégénéré, j’ai également sorti mon portable pour filmer l’affrontement dans le but de pouvoir la diffuser rapidement. Le réseau était pourri mais j’ai pu poster cette première version, qui démarre juste avant que l’un des policiers ne sorte son arme, moins de dix minutes après la scène. Ensuite, je suis resté encore un peu sur les Champs, puis je suis rentré chez moi pour dérusher mes images caméras, ce que je ne pouvais pas faire directement sur le terrain", a expliqué Clément Lanot.

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