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Détenus radicalisés: "Il y a encore des failles", admet Belloubet

Détenus radicalisés:
Nicole Belloubet parle à la presse à la prison ultra-sécurisée de Condé-sur-Sarthe, près d'Alençon (Orne), le 5 mars 2019JEAN-FRANCOIS MONIER

La garde des Sceaux Nicole Belloubet a reconnu mercredi qu'il y avait "encore des failles" dans la gestion des détenus radicalisés, au lendemain de l'agression de deux surveillants dans la prison ultra-sécurisée de Condé-sur-Sarthe, près d'Alençon (Orne).

"Manifestement il y a encore des failles et je suis là pour y remédier", a déclaré la ministre sur RMC.

Mardi, vers 09H45, Michaël Chiolo, un détenu de droit commun de 27 ans, a grièvement blessé deux surveillants avec un couteau en céramique, avant de se retrancher pendant près de dix heures dans l'unité vie familiale de la prison avec sa compagne, qui a été tuée dans l'assaut policier.

Mme Belloubet a demandé dès mardi une "inspection" pour "faire la lumière" sur l'agression, qualifiée de "lâche attaque terroriste".

"Si j'ai demandé une inspection, c'est précisément pour voir à chaque moment où sont les failles de notre système et prendre les mesures qui s'imposent. Il ne me semble pas pensable que l'on puisse entrer en détention avec des objets qui ne puissent pas être détectés", a expliqué la garde des Sceaux.

"On peut parfaitement exiger qu'il y ait une fouille et que si la personne s'y refuse, elle ne rentre pas en prison. Il faut expertiser ce problème-là", a-t-elle ajouté.

Pour Mme Belloubet, le problème de la radicalisation en prison n'a pas été "sous-estimé", il est pris "à bras le corps".

Sur plus de 70.000 détenus en France, quelque 500 personnes sont incarcérées pour des faits de terrorisme et 1.200 prisonniers de droit commun ont été identifiés comme "radicalisés", qui ont tous vocation à passer par des quartiers d'évaluation de la radicalisation (QER), a rappelé la ministre de la Justice.

"Nous avons commencé l'année dernière, nous sommes en quelque sorte dans une période intermédiaire et l'ensemble de 1.200 détenus radicalisés vont faire l'objet d'une évaluation et d'un placement adapté", a souligné Nicole Belloubet.

"Je ne peux pas laisser dire qu'il n'y a pas de sécurité dans les prisons. A Vendin-le-Vieil, il y a une vraie sécurité, à Condé, il y a une vraie sécurité. S'il y a des choses à améliorer, nous allons les améliorer et les prendre en charge", a assuré la ministre.

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