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"On est un peu dans le flou": une rentrée marquée par la réforme du lycée

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En même temps que les écoliers et les collégiens, de nombreux lycéens ont fait lundi leur rentrée en découvrant les premiers effets de la réforme contestée du bac, comme l'abandon des séries (L, ES et S) en classe de Première cette année.

Pour Lucie Maloisel, entrée en Première dans la Manche, "la rentrée s'est très bien passée", même si son emploi du temps est un peu décevant avec "trois journées très chargées".

La réforme du baccalauréat fait partie des grandes innovations de cette rentrée, également marquée par l'abaissement à 3 ans de l'âge de l'instruction obligatoire et poursuite de la baisse des effectifs de classes dans les quartiers défavorisés.

Le nouvel examen, qui prendra en compte le contrôle continu, ne verra le jour qu'en juin 2021. Mais les élèves de Première, qui seront les premiers à le passer sous sa nouvelle forme, perçoivent des changements dès cette année.

Finies donc les séries qui sont remplacées par des enseignements de spécialités.

De nombreux lycéens, pour qui la rentrée est échelonnée entre lundi et mardi, ont découvert dans la journée les premiers effets de la réforme. Lucie Maloisel apprécie que les classes soient désormais plus mélangées, et que les séries traditionnelles aient été cassées avec le choix des spécialités. Autre motif de satisfaction: le nouvel examen qui fera la part belle au contrôle continu, ce qui évite l'"angoisse d'une grosse session d'épreuves", selon elle.

En début d'après-midi devant le lycée Victor-Hugo à Paris, les Premières ne semblaient pas spécialement préoccupés par ces nouveautés. "Je me suis toujours considérée comme scientifique, donc le choix des spécialités était une évidence", déclare Tin-Hinan, qui a pris maths-physique et SVT. "Moi, j'ai juste choisi ce qui me plaisait", lance Marie-Patience, sa camarade, qui a fait le choix d'une combinaison anglais-sciences économiques-histoire.

- "un peu largués" -

Quant aux profs, "ils étaient un peu largués, mais ils nous ont bien accompagnés... par rapport à ce qu'ils savaient" de la réforme, estime Hugo. Avant d'ajouter: "On est quand même un peu dans le flou".

Cette réforme a cristallisé les tensions au moment du bac avec une grève de certains correcteurs. Plusieurs organisations syndicales ont d'ores et déjà annoncé le dépôt de préavis de grève sur l'ensemble du mois de septembre.

La grève a par exemple été votée au lycée Auguste-Renoir d'Asnières-sur-Seine, en raison de "l'impossibilité d'assurer la rentrée scolaire dans des conditions satisfaisantes". "Le proviseur a accueilli les élèves en leur donnant leurs emplois du temps, la vraie rentrée sera mercredi. D'ici là, on verra ce que donnent les discussions avec le directeur académique", a expliqué à l'AFP Jean-Rémi Girard, président du Snalc et enseignant dans ce lycée.

Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a déjà ouvert la porte à des aménagements de la réforme. "Nous avons jusqu'à fin octobre pour définir les modalités du grand oral", une des nouveautés du futur bac, a-t-il par exemple rappelé sur France info.

Pour ce premier jour d'une rentrée qui concerne au total 12,4 millions d'élèves, le Premier ministre Édouard Philippe et Jean-Michel Blanquer se sont déplacés dans une école primaire à Clichy (Hauts-de-Seine).

Edouard Philippe s'est félicité des mesures de dédoublement des classes de CP et CE1 qui, selon lui, "produisent des effets qualitatifs". Jean-Michel Blanquer a, lui, assuré que "dans toute la France, la rentrée se passe bien". "Il peut y avoir tel ou tel établissement dans lequel il y a des mouvements ou des problèmes mais c'est une toute petite minorité", a-t-il dit.

Plus tôt dans la matinée, des milliers d'enfants avaient repris le chemin de l'école. La rentrée, "c'est bien parce qu'on retrouve les copains", assurait Adam, 8 ans, à Strasbourg.

Devant l'école élémentaire Sophie-Germain à Lille, une dizaine d'enfants attendaient l'ouverture des portes, le visage joyeux ou inquiet. Ismène, 8 ans, se disait "impatiente de connaître (sa) maîtresse".

A Paris, la rentrée a été reportée dans cinq écoles privées pour réaliser de nouvelles analyses de détection du plomb à la suite de l'incendie de Notre-Dame en avril.

Dans le Sud, une cinquantaine de parents d'élèves ont manifesté lundi dans les rues de Conques-sur-Orbiel (Aude) pour dénoncer la pollution liée à l'ancienne mine d'arsenic.

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