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En France, Kevin, 17 ans, poignardé à mort par un autre adolescent: le scénario d'un guet-apens machiavélique se dessine

En France, Kevin, 17 ans, poignardé à mort par un autre adolescent: le scénario d'un guet-apens machiavélique se dessine

Les faits remontent au 2 juin dernier. Kevin, 17 ans, se promène avec une amie (Laura, prénom d'emprunt) dans un parc de Mourmelon-le-Grand, dans la Marne. Aux alentours de 15 heures, un jeune homme (Thomas, prénom d'emprunt) l'agresse et le poignarde à mort. 

Selon les premiers témoignages recueillis, une échange de regards serait à l'origine de l'altercation. Au lendemain de cette agression, le parquet de Châlons-en-Champagne indique que l'agresseur présumé "aurait essayé de prendre le sac à main" de Laura. S'en serait suivi une violente bagarre. Plusieurs coups de couteau sont donnés. Kevin, élève de Terminale, décède des suites de ses blessures. 

Durant les premières heures qui ont suivi ce drame, Laura répète ne pas connaître l'agresseur. Elle décrit un individu "au comportement étrange". Elle dresse le portrait d'un homme de "type basané", habillé en treillis militaire.

Mais l'enquête révèle de nombreuses zones d'ombre. Le lundi 4 mai, à la reprise des cours, un camarade de Thomas remarque les blessures de celui-ci.

Rapidement, les gendarmes se tournent vers le profil de ce jeune homme âgé, lui aussi, de 17 ans. Le lien est fait entre l'adolescent et Laura qui accompagnait Kevin dans le parc. Tous deux se connaissent, contrairement à ce qu'avait affirmé l'adolescente. 

Le portrait robot imaginé à l'avance, le sac pour y ranger les habits souillés par le crime, des échanges récurrents de SMS. Autant de preuves qui témoignent de l'étroite relation qui unissait en réalité Laura et Thomas, ainsi que leur volonté de "brouiller les pistes", selon le parquet.


"Tout était faux"

La jeune fille, élève en 1ère littéraire dans un lycée de la région, est passée du statut de seul témoin direct de l'homicide à celui-ci de mise en cause.

"Tout était faux". Quatre jours après la mort de Kevin, l'enquête a débouché mercredi sur la mise en examen pour assassinat de deux mineurs, soupçonnés d'avoir fomenté un plan "machiavélique" aux mobiles encore flous.

En garde à vue, "le jeune reconnaissait être l'auteur" des coups mortels et "avoir préparé et organisé le meurtre avec la complicité active de O. trois ou quatre jours avant", en simulant le vol de son sac, a dit M. Bourette.

"Je ne peux que m'interroger pour savoir si j'ai de 'nouveaux amants diaboliques' ou si j'ai une logique de bras armé avec une tête criminelle", a déclaré Matthieu Bourrette, procureur de Reims, lors d'une conférence de presse.


Le rôle de la jeune fille mérite d'être précisé 

Les raisons qui ont conduit au meurtre de Kevin demeuraient nébuleuses mercredi à l'issue des gardes à vue de deux mineurs, puis mis en examen pour "assassinat" et placés en détention provisoire.

"Si la participation du jeune garçon semble relativement cernée, celle de la jeune fille et son rôle méritent d'être encore largement précisés", a ajouté le procureur, soulignant que l'instruction devrait affiner leur rôle et profil psychologique.

Thomas a-t-il agi par amour pour Laura ? "D'après son entourage, il aurait pu décrocher la lune et les étoiles pour elle" mais "l'ambivalence de cette relation est sans doute un des sujets essentiels du dossier", a concédé le procureur, soulignant qu'en garde à vue l'adolescente a nié toute implication.

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