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En plein remaniement, des perquisitions chez Mélenchon qui crie à l'opération "politique"

En plein remaniement, des perquisitions chez Mélenchon qui crie à l'opération
Le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 16 octobre 2018STEPHANE DE SAKUTIN

Des perquisitions ont été menées mardi matin au siège de la France insoumise et chez son leader Jean-Luc Mélenchon dans le cadre d'enquêtes sur des emplois présumés fictifs de parlementaires européens et sur les comptes de campagne de l'ex-candidat, qui a dénoncé une "énorme opération de police politique", le jour du remaniement.

Les policiers se sont rendus dès 07H00 aux sièges de La France insoumise (LFI) et du Parti de gauche, ainsi que chez Jean-Luc Mélenchon et d'anciens assistants de ce dernier. Outre le député, "près de 15 personnes" de son entourage ont été visés par ces perquisitions, a indiqué à l'AFP son avocat, Me Mathieu Davy.

Une source proche du dossier a évoqué au moins une dizaine de perquisitions, menées par les policiers de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, dans le cadre de deux enquêtes préliminaires.

La première concerne des présumés emplois fictifs d'assistants parlementaires européens, ouverte à la suite de signalements de l'eurodéputée Sophie Montel, qui a quitté le FN en septembre 2017 pour rejoindre Florian Philippot jusqu'à cet été.

La seconde porte sur les comptes de campagne de M. Mélenchon pendant la présidentielle. Elle a été lancée après deux signalements à la justice: l'un du président de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), l'autre de la cellule française de renseignement financier Tracfin.

La CNCCFP, qui a validé fin 2017 les comptes des onze candidats malgré certaines dépenses retranchées - 434.939 euros sur 10,7 millions déclarés concernant M. Mélenchon - avait justifié ce signalement adressé mi-mars par des "interrogations", notamment sur les dépenses facturées par deux associations, L'Ere du peuple et Mediascop.

La commission avait constaté que L'Ere du peuple, association sans activité commerciale déclarée, avait facturé à la campagne 440.027 euros correspondant à des locations de salles, de matériels informatiques et audiovisuels, et à des prestations intellectuelles de quatre de ses salariés, dont trois étaient également membres de l'équipe de campagne. Elle avait retranché une partie des dépenses.

Mediascop, dirigée par Sophia Chikirou, alors responsable de la communication du candidat, avait pour sa part facturé 54.600 euros, et la commission en avait retranché 35.250 euros au motif d'"écarts significatifs" entre les montants et "la grille tarifaire de cette entreprise".

"Nous sommes depuis des mois (...) dans une démarche de transmission spontanée de tous les documents et pièces en notre possession", a affirmé Me Davy.

- "Petit personnage" -

A son domicile parisien, M. Mélenchon a filmé la perquisition avec son portable pour la diffuser en direct sur Facebook.

"Voilà le début du nouveau ministre de l'Intérieur (Christophe Castaner) et du ministre de la Justice (Nicole Belloubet), voilà ce qu'ils sont en train de faire dans tout le pays, pour intimider et faire peur", a-t-il protesté.

Au siège de LFI dans le IXe arrondissement de Paris, M. Mélenchon et des proches ont pris à parti le représentant du parquet et les policiers. Puis devant le siège, le député a attaqué le président Emmanuel Macron, "un petit personnage", et la garde des Sceaux.

A l'assemblée, le Premier ministre Edouard Philippe lui a opposé "l'indépendance de la justice".

Sur BFMTV, Alexis Corbière, député LFI, a dénoncé une "différence de traitement" avec l'ex-chargé de mission de l'Elysée Alexandre Benalla sous le coup d'une enquête menée par des juges d'instruction pour des violences en marge d'une manifestation du 1er-Mai à Paris.

"Quand on est proche de M. Macron, la police la justice ne se comportent pas de la même façon que lorsqu'on est un opposant", a-t-il estimé.

Mise en examen dans une affaire similaire, Marine Le Pen (RN) a estimé sur Twitter que "le but exclusif de ces +enquêtes+" était que "les droits politiques de l'opposition (soient) lourdement bafoués".

"Avec cette pseudo-affaire des assistants parlementaires, le pouvoir est donc en possession de tous les contenus, notes, contacts, etc, de tous les téléphones et ordinateurs, sur plusieurs années, des deux partis d'opposition à Emmanuel Macron, le RN et LFI", a estimé la finaliste de la présidentielle 2017.

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