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Escrime: l'argent d'une "combattante" pour Pauline Ranvier aux Mondiaux

Escrime: l'argent d'une
La fleurettiste française Pauline Ravier médaille d'argent aux Mondiaux de Budapest le 19 juillet 2019Peter KOHALMI

L'argent d'une "combattante": à 25 ans, la Parisienne Pauline Ranvier est allée chercher vendredi sa première médaille dans un grand championnat, aux Mondiaux-2019 à Budapest, deuxième sur un podium avec les meilleures fleurettistes de la décennie écoulée.

Au moment de la remise des médailles, Pauline Ranvier s'est retrouvée aux côtés de la Russe Inna Deriglazova, désormais triple championne du monde (2015, 2017, 2019) et championne olympique en titre (2016), et des Italiennes Elisa di Francisca, championne du monde (2010) et championne olympique (2012) et Arianna Errigo, double championne du monde (2013, 2014).

De quoi donner encore plus d'éclat à cette médaille d'argent, la deuxième consécutive dans un Championnat du monde pour une Française, après celle d'Ysaora Thibus l'an passé en Chine à Wuxi, et le troisième podium de rang si l'on ajoute le bronze de Thibus en 2017 à Leipzig (Allemagne).

"Je me suis retournée, et je me suis aperçue qu'autour de moi, il y avait deux championnes olympiques, et une multiple championne du monde, c'était incroyable", a commenté Ranvier après sa finale.

"Je suis fière d'être sur un podium avec des championnes comme cela, je me dis que le chemin est long, mais que petit à petit, je grappille", a-t-elle ajouté avec déjà une formule pour définir son escrime: "à risques, osée, qui peut me jouer des tours et généreuse".

Un style qui peut lui permettre dans un bon jour de passer les tours, comme son podium en Coupe du monde à Gdansk (Pologne) en février 2017, déjà une deuxième place.

Mais qui parfois l'empêche aussi d'enchaîner les compétitions, comme cette saison assez terne, avec une 33e place mondiale avant de venir à Budapest.

- Risquer en contrôle et mesure -

"Je prends des risques, mais j'essaie de contrôler et de mesurer, trouver comment les gérer: essayer de prendre des risques, sans donner trop de cadeaux", précise-t-elle, soulignant qu'en demi-finale, rencontre au cours de laquelle elle a pris "beaucoup de plaisir", elle avait plus risqué qu'en finale contre Deriglazova.

"Elle a un truc, elle va faire beaucoup de fautes, mais elle est capable à un moment donné d'écouter et de faire des choses", renchérit son entraîneur depuis qu'elle est chez les seniors en équipe de France, Emeric Clos, louant son efficacité quand tout va.

"Ma force mentale, je pense que je suis une vraie combattante. Et que je ne lâche jamais rien tant que je ne suis pas arrivée au bout", souligne-t-elle.

"Usante à l'entraînement et toujours à fond" sourit Clos, Ranvier travaille depuis presque deux ans avec une danseuse à l'Insep. "Elle m'aide pour la maîtrise parfaite de mon corps, dans le sens où elle améliore les petits défauts qui empêchent d'aller plus loin", explique la désormais vice-championne du monde de fleuret.

"Elle travaille sur mes sensations au niveau du ventre et des pieds, que je ressente quand ça va et quand ça ne va pas, pour essayer d'avoir une meilleure posture."

Étudiante en management à Paris, elle a progressé dans les équipes de France jeunes sous les ordres du maître d'armes Lionel Plumenail, entraîneur national adjoint depuis l'automne 2017, au Creps d'Aix-en-Provence.

Sa médaille vient atténuer la contre-performance d'Ysaora Thibus, éliminée en huitièmes de finale. A charge de revanche pour la Guadeloupéenne et ses coéquipières dès dimanche, puis lundi par équipes, où elles viseront l'or que la France n'a plus remporté depuis 1951.

La déception était encore plus grande pour Yannick Borel, éliminé en quarts de finale à l'épée et qui s'avançait à Budapest avec un titre de champion du monde à défendre. Les épéistes aussi seront engagés par équipes dimanche et lundi, avec de précieux points à chercher dans la course à la qualification olympique.

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