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Euthanasie: quelque 300 députés réclament à Jean Castex de poursuivre les débats

Euthanasie: quelque 300 députés réclament à Jean Castex de poursuivre les débats
Le député français Olivier Falorni (groupe Libertés et territoires) à l'Assemblée nationale à Paris, le 11 décembre 2018Thomas SAMSON
 
 

Quelque 300 députés de tous bords, soit plus de la moitié de l'Assemblée nationale, ont demandé vendredi au Premier ministre d'inscrire à l'ordre du jour la proposition de loi autorisant l'euthanasie, dont l'examen n'avait pu aller à son terme en avril, dans un courrier dont l'AFP a eu copie.

Plusieurs ministres, Marlène Schiappa, Olivier Dussopt et Agnès Pannier-Runacher, ont apporté leur soutien au texte qu'ils ont retwitté.

Malgré un large soutien, la proposition de loi ouvrant un droit à "une fin de vie libre et choisie" du député Olivier Falorni (groupe Libertés et territoires) n'a pu être adoptée face à des milliers d'amendements déposés par quelques élus LR et un temps contraint, le 8 avril.

"Il importe maintenant de poursuivre ce travail parlementaire. Les Français demandent instamment à ce que tout soit fait dans la période actuelle pour protéger les vivants et pour humaniser l’agonie des mourants" en pleine pandémie de Covid-19, soulignent ces 296 députés emmenés par la présidente de la commission des Lois Yaël Braun-Pivet (LREM), son collègue "marcheur" Jean-Louis Touraine et M. Falorni notamment.

"Nous ne pensons pas que cette loi se prête à un débat de campagne électorale, ce sujet nous élevant tous au-dessus de nos appartenances partisanes. Il nous paraît préférable d’organiser dès maintenant le travail parlementaire souhaitable pour avancer sur cet important sujet de société", ajoutent ces députés, parmi lesquels le candidat à l'Elysée Jean-Luc Mélenchon (LFI), le numéro un du PS Olivier Faure et également le président du groupe Agir Olivier Becht, allié de la majorité.

Plutôt que d’inscrire la suite des articles de la proposition de loi "dans une niche de tel ou tel groupe, nous demandons solennellement au gouvernement de bien vouloir mettre du temps parlementaire à la disposition de l’Assemblée", ajoutent ces députés à l'attention de Jean Castex.

"Le débat mérite d'avoir lieu, ça ne fait aucun doute" mais il a "besoin de temps", sur un sujet aussi "sensible", avait estimé devant l'Assemblée le ministre de la Santé Olivier Véran.

Il a cependant promis une meilleure application de la loi française actuelle, dite Claeys-Leonetti, adoptée en 2016, qui prévoit une sédation profonde et continue pouvant mener à la mort, mais sans euthanasie active.

"Je crois qu'il nous faudra avancer sur le sujet de la fin de vie" mais "un tel sujet doit nécessairement s'inscrire dans un débat sociétal de fond sur l'accompagnement de la fin de vie, sur l'aide active à mourir et sur les limites à y mettre", avait aussi déclaré le patron des députés LREM Christophe Castaner, dont plus de la moitié des troupes a signé le courrier au chef du gouvernement.

"Engagée de longue date pour le droit à la fin de vie dans la dignité, je soutiens l’appel de ces 297 députés", a écrit la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa.

"Choisir dans la dignité sa #FindeVie, un débat sociétal qui doit trouver sa place au Parlement", a twitté la ministre déléguée à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher.

"Signataire de nombreux amendements et propositions de loi en ce sens, je ne peux que partager cette volonté de débat et d'aboutir dès 297 députés signataires de cet appel", a écrit le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt.




 

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