Expulsions à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes en France: de violents heurts ont éclaté entre les forces de l'ordre et les occupants

Expulsions à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes en France: de violents heurts ont éclaté entre les forces de l'ordre et les occupants

Des heurts violents ont éclaté mardi matin entre les forces de l'ordre et les occupants illégaux de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, au deuxième jour d'une opération massive destinée à les déloger, près de trois mois après l'abandon du projet d'aéroport.

Côté opposants, six ont été blessés par des projectiles, selon l'équipe médicale des zadistes, dont cinq aux jambes et un à la tête.

Deux gendarmes ont été également blessés au genou et à la cheville, selon une source proche du dossier.

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"Cassez-vous, cassez-vous !"

Les heurts ont commencé vers 07H30, un peu plus d'une heure après la reprise des opérations. Les gendarmes ont lancé plusieurs grenades assourdissantes et tiré des gaz lacrymogènes. "Cassez-vous, cassez-vous!", hurlaient à leur adresse les opposants qui ont riposté par des jets de projectiles, des cocktails molotov et des tirs de fusées.


Un hélicoptère de la gendarmerie qui survolait la zone a été visé par des tirs de fusée qui ne l'ont pas atteint, a rapporté le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Frédéric de Lanouvelle.

Les opérations ont repris à l'aube "là où nous les avons arrêtées hier (lundi), autour de la D281, en élargissant le périmètre à l'Est et à l'Ouest", a indiqué une source proche du dossier.

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"Nous ne voulons pas d'un Rémi Fraisse"

L'intervention pourrait "durer jusqu'à la fin de la semaine", a estimé le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb en évoquant une journée de mardi "forcément cruciale". Une vingtaine de squats restent à démanteler, après les 13 qui l'ont été déjà, a-t-il précisé.

"Il est certain que c'est un sujet qui ne va pas être réglé en un ou deux jours. On travaille dans la durée", a confirmé le patron de la gendarmerie, le général Richard Lizurey.

"Nous procédons avec ordre et méthode, squats après squats, de manière à ce que le niveau de violence et le niveau des dégâts collatéraux soient les moins élevés possibles", a déclaré sur RTL le général.

Le ministre de l'Intérieur a rappelé avoir donné pour consigne aux forces de l'ordre "la plus grande retenue". "Nous ne voulons pas d'un Rémi Fraisse (jeune tué par une grenade offensive lors d'affrontements à Sivens en 2014, ndlr), nous ne voulons pas qu'il y ait des jeunes qui puissent être blessés, nous ne voulons pas que des forces de l'ordre puissent être atteintes", a-t-il affirmé.


Une situation sous contrôle

Selon le général Lizurey, "la situation est sous contrôle malgré quelques tensions et quelques oppositions".

Combien de zadistes à expulser? "Le chiffre est extrêmement variable. Un certain nombre d'opposants vont et viennent (...) nous avions environ 200 opposants hier dans la journée. Nous avons terminé la journée avec une centaine", estime le patron de la gendarmerie.

Selon les occupants, une centaine de camions de gendarmes mobiles, blindés, tractopelles sont revenus mardi matin sur la ZAD. "Plusieurs lieux de vie et projets agricoles semblent aujourd'hui immédiatement dans les viseurs de la préfecture", ont-il précisé à l'AFP.

"Plus ça va aller, plus ça va être compliqué", avait jugé la préfète des Pays-de-la-Loire Nicole Klein à la fin de la première journée de l'intervention qui mobilise 2.500 gendarmes.

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"Des renforts de jeunes venus se battre"

Cette opération répond à l'engagement pris par Edouard Philippe d'éradiquer cette "zone de non droit" le 17 janvier, lorsqu'il a mis fin au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Les zadistes ont appelé dès lundi "tous ceux qui le peuvent à se rendre sur place dès l'aube" mardi pour "faire obstacle" aux forces de l'ordre. Il y a eu "des renforts très jeunes, venus se battre", a remarqué la préfète.

L'opération de grande ampleur lancée lundi matin prévoit d'expulser toute personne n'ayant pas régularisé sa situation en déclarant de nouveaux projets agricoles individuels.

Les forces de l'ordre seront déployées "le temps de s'assurer que la phase de stabilisation soit bien entamée", que "la déconstruction ait lieu et que le déblaiement de cette zone soit mis en oeuvre", a insisté le général Lizurey.

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