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Faute de pouvoir se rendre en Syrie, il projetait une attaque contre des touristes en France: "Il est radicalisé au possible"

Faute de pouvoir se rendre en Syrie, il projetait une attaque contre des touristes en France:
Image d'illustration

Un jeune homme radicalisé de 24 ans est jugé mercredi et jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris.

Soupçonné d'avoir voulu commettre "une action violente" imminente contre des touristes étrangers, Jossuam P. avait été interpellé le 13 juin 2016 en gare de Carcassonne, dans l'Aude, en possession d'un couteau et d'une petite masse. Lors de sa garde à vue, il expliquera aux enquêteurs avoir envisagé de se rendre en Syrie, mais faute de moyens et de préparatifs logistiques suffisamment aboutis, il avait changé de projet et était décidé à passer à l'acte en France, "au nom du jihad armé".

Ce jeune homme au "parcours de vie chaotique, extrêmement manipulable et aux problèmes psychiatriques évidents", selon son avocat Adrien Gabeaud, s'était converti à l'islam en 2014, au contact de membres de la filière de Lunel, ville de l'Hérault qui a connu cette année-là le départ d'une vingtaine de jeunes pour la Syrie et d'où Jossuam P. est originaire.


"Il ne va pas le feindre devant le tribunal"

Fiché pour radicalisation, il était suivi par les services antiterroristes et avait été assigné à résidence après les attentats parisiens de novembre 2015. "Il est radicalisé au possible et il ne va pas le feindre devant le tribunal. (...) Il ne niera pas son projet et n'essaiera pas de minimiser les choses", assure Me Gabeaud.


Jossuam P. voulait se rendre en Syrie

Selon l'accusation, Jossuam P. avait cherché pendant deux ans, de sa conversion à l'islam jusqu'à son arrestation, à se rendre en Syrie, contactant des jihadistes et rencontrant d'autres velléitaires au départ.

L'un d'eux, Ahmed B, un Toulousain de 25 ans, comparaît à son côté pour association de malfaiteurs à visée terroriste. "Il est en dehors de ça (le projet d'attaque en France, ndlr), le malheur qu'il a eu, c'est d'avoir été un peu trop en contact avec Jossuam P.", affirme son avocat, Nicolas Raynaud de Lage.

Écroué dans ce dossier depuis décembre dernier, Ahmed B. "a vite essayé de mettre de la distance avec Jossuam P.", ajoute son conseil. Et s'il a finalement rejoint la Turquie, il "avait eu un sursaut moral, de lucidité et n'a jamais franchi la frontière" turco-syrienne, soutient Me Raynaud de Lage.

Les deux hommes encourent dix ans de prison.

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