France: l'ex-chef de l'office anti-stups inculpé pour une fausse garde à vue

Drogue

(Belga) Le commissaire François Thierry, ancien patron de l'office anti-drogue aux méthodes controversées, a été mis en examen lundi à Lyon pour l'organisation d'une fausse garde à vue d'un informateur, a-t-on appris de sources concordantes.

A la tête de l'Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) de 2010 à 2016, François Thierry a été mis en examen pour "faux en écriture publique par personne dépositaire de l'autorité publique, complicité de faux, complicité de trafic de stupéfiants et participation à une association de malfaiteurs", a précisé le parquet de Lyon. L'affaire remonte à avril 2012, quand un informateur, Sofiane Hambli est extrait de prison pour être conduit dans un hôtel proche des locaux de l'Ocrtis à Nanterre et y piloter à distance une grosse livraison de cannabis dans le sud de l'Espagne. Le commissaire est suspecté d'avoir favorisé l'importation de la drogue sans avoir informé totalement l'autorité judiciaire des modalités de l'opération, ni du rôle joué par Sofiane Hambli. François Thierry soutient au contraire que le parquet de Paris était parfaitement au courant de ces livraisons surveillées, destinées à démanteler des filières, et de l'utilisation de l'informateur. Dans ce dossier, deux magistrats sont soupçonnés d'avoir donné un cadre juridique fictif à l'opération. Eux disent avoir été trompés sur sa finalité. La procureure adjointe du parquet de Paris Véronique Degermann, 58 ans, a été mise en examen pour "complicité de faux" le 12 février. Cet épisode avait été révélé au cours d'une enquête confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) après une saisie embarrassante le 17 octobre 2015 à Paris. Les douanes avaient alors découvert sept tonnes de cannabis dans des camionnettes garées au bas d'un luxueux appartement du boulevard Exelmans (XVIe arrondissement), occupé par Sofiane Hambli. Dans ce volet, instruit à Bordeaux, François Thierry avait déjà été mis en examen, en août 2017, pour complicité de trafic de stupéfiants. Dans la foulée, il perdait son habilitation d'officier de police judiciaire, sanction transformée en suspension après un recours. (Belga)

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