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France: un accident à un passage à niveau fait quatre morts

France: un accident à un passage à niveau fait quatre morts

Un grave accident a eu lieu lundi matin en France, dans la Marne, à un passage à niveau, faisant quatre morts. Le bilan a été confirmé dans un second temps par la préfecture, qui précise que les personnes décédées sont une assistante maternelle et trois enfants, qui se trouvaient dans la même voiture.

Une assistante maternelle et trois enfants qu'elle transportait dans sa voiture sont morts lundi matin lors d'une collision avec un train effectuant la liaison Reims-Epernay à un passage à niveau sur la petite commune champenoise d'Avenay-Val-d'Or (Marne), en France. Quatre des 25 voyageurs du train ont été légèrement blessés, pris en charge par les pompiers, et le conducteur du train est extrêmement choqué, selon la SNCF qui a détourné la circulation ferroviaire. Les circonstances de cet accident n'ont pas été communiquées par les autorités.

"Tout fonctionnait parfaitement"

La préfecture a confirmé dans un communiqué que le bilan faisait état de quatre morts, une femme et trois enfants, et de quatre blessés légers parmi les passagers du train qui assurait la liaison entre Épernay et Reims. L'accident s'est produit vers 9h54, sur la D201 reliant Ay-Champagne à Avenay-Val-d'Or, à 30 kilomètres de Reims. Le conducteur du train, qui sortait d'une courbe et "poursuivait sa route en ligne droite à 118 km/h", n'a que "tardivement" vu le véhicule "qui se trouvait sur la voie", et malgré un freinage d'urgence, "n'a pu s'arrêter que 400 m au-delà du point d'impact", a indiqué lors d'une conférence de presse lundi soir le procureur de la République de Reims Matthieu Bourrette. Son alcoolémie était "négative", a-t-il souligné. Les quatre occupants du véhicule -la conductrice née en 1982, une enfant de "presque onze ans" qui était, "selon toute vraissemblance", sa fille, une fillette de trois ans et un nourrisson d'un an qu'elle gardait- sont tous "décédés sur le coup", a-t-il dit.

"Aucun élément ne permet de savoir à cette heure pour quel motif le véhicule s'était engagé sur les voies alors que les signaux - sonore et lumineux - et le système de barrièrage semblaient inviter à ne pas franchir le passage", a ajouté le procureur.

Mais "la première barrière était enfoncée ce qui laisse supposer (...) que le véhicule aurait pu forcer le passage", a-t-il précisé en évoquant, toujours au conditionnel, un témoignage d'abaissement "intempestif" de la barrière la veille du drame. Selon la SNCF, il ne s'agit pas d'un passage à niveau considéré comme sensible, c'est-à-dire situé dans des endroits manquant de visibilité par exemple. D'après le maire Philippe Maussire, l'assistante maternelle avait entre 30 et 40 ans, l'enfant le plus âgé -la propre fille de la conductrice, selon le maire- avait une dizaine d'années et les deux autres étaient "très jeunes".

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Cellule médico-psychologique


La ministre des Transports, Élisabeth Borne, a fait part sur Twitter de sa "très vive émotion". "Mes pensées vont aux familles et aux proches des victimes. Les services de l'Etat et la SNCF sont mobilisés pour venir en aide et faire face à la situation", a-t-elle ajouté. Tout comme le président de la Région Grand-Est Jean Rottner, qui a adressé ses "pensées les plus sincères aux victimes, leurs familles ainsi qu'aux personnels de la SNCF choqués par ce drame." Les familles sont reçues à la salle des fêtes de cette commune de 1.000 habitants et une cellule d'urgence médico-psychologique a également été mise en place. Tout le secteur est bloqué par les véhicules des sapeurs-pompiers et la gendarmerie nationale. Le directeur régional de la SNCF, arrivé sur place, n'a pas souhaité faire de déclaration dans l'immédiat.

A priori, le métier d'assistante maternelle de la conductrice suggère prudence et responsabilité


Des techniciens en investigation criminelle de Châlons-en-Champagne et de la cellule de numérisation des scènes de crime de Pontoise étaient sur place également. La circulation ferroviaire entre Reims et Épernay "devrait reprendre (mardi)", selon un tweet de TER Grand est. Jusqu'à la reprise, des trajets sur cet axe sont assurés en car. "A priori, le métier d'assistante maternelle de la conductrice suggère prudence et responsabilité", a réagi Jehanne Collard, avocate spécialisée dans la défense des victimes de la route. "Il est donc temps de faire un audit généralisé des passages à niveau de la SNCF afin de savoir si ceux-ci sont correctement signalés et visibles depuis la route, ainsi que d'en vérifier le bon fonctionnement."

En 2018, les passages à niveau ont coûté la vie à 16 personnes, en baisse par rapport aux 42 décès recensés en 2017 et les collisions ont diminué de 20% entre 2017 et 2018, passant de 122 à 96. L'accident entre un train et un car scolaire au passage à niveau de Millas (Pyrénées-Orientales), qui avait fait six morts en décembre 2017, a mis en lumière la dangerosité de certains de ces croisements entre rail et route. Début mai, Élisabeth Borne a présenté un plan d'action visant à améliorer la sécurité des passages à niveau et a notamment proposé d'expérimenter une baisse de la vitesse des automobilistes aux abords de certaines de ces infrastructures.

La France compte 15.405 passages à niveau.

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