France: un cortège nuptial multiplie les infractions, le mariage prévu à Nice est reporté

France: un cortège nuptial multiplie les infractions, le mariage prévu à Nice est reporté

"Infractions au code la route", "mise en danger de la vie d'autrui": face au comportement du cortège nuptial, un mariage qui devait être célébré samedi à la mairie de Nice (Alpes-Maritimes) a été reporté par le maire Christian Estrosi (LR), a confirmé la municipalité dimanche.

Dans un tweet samedi, Christian Estrosi lui-même avait annoncé le report de ce mariage à lundi en citant les "multiples infractions" du cortège des mariés: "conduite dangereuse, blocage des routes, insultes et outrages à agents".

Dans son communiqué dimanche, la municipalité affirme que le cortège venu d'un quartier au nord de Nice s'est notamment distingué par "des rodéos de deux-roues", des véhicules circulant sur les trottoirs ou bloquant les accès, et "des passagers qui sortaient leur corps de l'habitacle" des véhicules.

Lors du contrôle de police sur le cortège, "des outrages et des insultes ont été relevés", confirme ce texte.

La décision de reporter la cérémonie a été prise par le maire lui-même, prévenu par la police municipale et l'élu qui devait célébrer le mariage. Elle a été notifiée aux futurs époux, qui s'étaient engagés, en signant la "charte des mariages" de Nice, à respecter l'arrêté municipal du 1er juin 2012 réglementant "le bon déroulement des mariages civils en l'hôtel de ville".


Interdit "de crier, de courir, de se bousculer,..."

Cet arrêté prévient que "les entraves à la circulation" dans le périmètre de la mairie seront verbalisées. Il interdit également "de crier, de courir, de se bousculer, de jouer d'un instrument ou de diffuser de la musique" à proximité des salles de mariage, de même qu'il prohibe, notamment, "les déploiements de drapeaux, notamment étrangers".

Depuis 2012, cinq mariages au total, dont celui-ci, ont été reportés pour des faits similaires, pour 1.300 à 1.500 mariages célébrés chaque année à Nice.

A l'annonce de cet arrêté, fin mai 2012, l'opposition municipale niçoise avait qualifié la mesure d'électoraliste et discriminatoire. Paul Cuturello, conseiller municipal PS, avait parlé de décisions en fait "destinées à stigmatiser les (personnes originaires des) pays du Maghreb", parlant d'une "manoeuvre électoraliste pitoyable destinée à l'électorat du FN".

Une semaine après l'entrée en vigueur de cet arrêté, Florian Philippot, alors porte-parole du Rassemblement Bleu Marine (FN et alliés), avait annoncé que d'éventuels députés frontistes élus aux législatives des 10 et 17 juin 2012 déposeraient une proposition de loi contre les mariages "très bruyants et même dangereux".

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