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Fils d'un élu local et "fasciné par les armes": le profil de Killian, l'auteur de la fusillade dans une école à Grasse, se précise

Une fusillade a fait plusieurs blessés légers ce jeudi dans un lycée à Grasse, dans le sud-est de la France. Un lycéen de 16 ans scolarisé dans l’établissement a été interpellé en possession d'armes. L'adolescent, fasciné par les armes et les images morbides, est le fils d'un élu local.

Un adolescent de 16 ans, dont les motivations seraient liées à de mauvaises relations avec d'autres élèves, a ouvert le feu ce jeudi dans son lycée de Grasse, blessant sans gravité plusieurs personnes dont le proviseur de l'établissement, avant d'être interpellé sans opposer de résistance.

"Un élève du Lycée Alexis de Tocqueville à Grasse est entré dans l'établissement aux alentours de 12h30, il était armé d'un fusil à pompe. Il a agressé le proviseur et trois autres de ses camarades. Le bilan provisoire fait état de quatre blessés par plombs (urgences relatives) tous hospitalisés et de quatre autres victimes évacuées (choquées ou blessées par bousculade)", a précisé en milieu d'après-midi la préfecture des Alpes-Maritimes.


"On a été sauvées par la clope!"

Mokhtaria, 15 ans, élève en seconde générale, fumait avec des amis dans le garage à motos du lycée lorsque les tirs ont retenti: "On a entendu des coups de feu à 12H45." Sa copine Audrey poursuit: "On a été sauvées par la clope!" Mokhtaria continue: "On a vu plein de gens descendre en criant: +Y'a un taré qui tire sur les gens!+ On est parties en courant."

La fusillade est "visiblement l'acte fou d'un jeune homme fragile et fasciné par les armes à feu", a déclaré sur place la ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem."Le proviseur s'est précipité" vers l'agresseur lorsqu'il a sorti son arme "pour tenter de le raisonner", a-t-elle ajouté, qualifiant cette action d'"héroïque". "Nous sommes passés à côté du pire", a-t-elle estimé.



Un jeune de 16 ans interpellé: son profil Facebook morbide 

Le suspect interpellé est un lycéen qui aura 17 ans à la fin de l'année. Prénommé Killian, il est scolarisé dans l’établissement. En possession de plusieurs armes au moment de son interpellation, il est "a priori inconnu des services de police", a-t-on précisé de source policière. Le jeune garçon est le fils d'un élu municipal de droite de Grasse, selon un proche du père, qui décrit des parents "très proches" de leurs enfants.

L'adolescent semble avoir agi seul, alors que les enquêteurs avaient initialement émis l'hypothèse d'une seconde personne en fuite. Il était armé d'un fusil, de deux armes de poing et de deux grenades.

Sur Facebook, photos et vidéos macabres, dont des images de la tuerie de Columbine, qui avait fait 15 morts -dont ses deux auteurs- dans un lycée américain en 1999, parsèment un compte au nom de l'adolescent arrêté, qui semble avoir fait partie sur le réseau social d'un groupe de fans d'un jeu vidéo de tir. Les photos de profil empruntent à cet imaginaire sinistre: "Tu mets toujours que des trucs gore", lui lance même un de ses contacts. 

"Aucun lien ne peut être envisagé avec une entreprise terroriste"

L'enquête ne s'oriente "pas du tout sur la voie du terrorisme", a indiqué le président (LR) de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur Christian Estrosi, "on est plutôt sur quelqu'un qui semble avoir des problèmes psychologiques."

Les motivations du jeune suspect "paraissent liées aux mauvaises relations qu'il entretiendrait avec d'autres élèves de ce lycée", a déclaré la procureure de Grasse, Fabienne Atzori.

"Il semblerait qu'il ait quelques difficultés (...) à s'intégrer" dans l'établissement, a-t-elle ajouté. "Aucun élément, aucun lien ne peut être envisagé avec une entreprise terroriste", a-t-elle souligné lors d'une conférence de presse.

Le jeune homme a été placé en garde à vue pour "tentative d'assassinats". Il "s'est laissé interpellé de manière extrêmement docile" à 13h05, 5 minutes seulement après les faits, a précisé la magistrate.

Selon le représentant de la police présent à la conférence de presse, un engin explosif artisanal a été trouvé dans le sac à dos de l'adolescent, dont les parents sont entendus par les enquêteurs. Les policiers du Raid ont également inspecté chacune des pièces de l'établissement pour vérifier qu'il n'y avait pas d'autre homme armé.


"On va mourir, quelqu'un a un fusil, je t'aime maman"

Le confinement de tous les établissements scolaires du département, déclenché peu après la fusillade, a été levé dans l'après-midi. Les accès au lycée Tocqueville, un grand lycée général et technologique accueillant plus de 900 élèves sis dans un bâtiment moderne situé dans la périphérie de Grasse, avaient été complètement bloqués et la presse était maintenue à distance. Un hélicoptère survolait régulièrement la zone.

Dans le courant de l'après-midi, vers 17H00, les lycéens quittaient l'établissement, portant tous un bracelet d'identification posé auparavant par les pompiers, la plupart éprouvés, accompagnés de leurs parents, très bouleversés.

Sonia, une mère de 42 ans, sort avec Inès, élève de première, 16 ans et raconte: "Imaginez, elle m'envoie vers 12H30 un texto: +On va mourir, quelqu'un a un fusil, je t'aime maman. Adieu!+"

Déclenchement de l'alerte attentat 

La fusillade a entraîné le déclenchement de l'alerte attentat de l'application pour smartphones SAIP par les autorités: la mention "Alerte attentat" au "Lycée Alexis de Tocqueville" est apparue sur les écrans des téléphones mobiles équipés. Cette alerte avait été levée dans l'après-midi.

A la suite à cette fusillade, ainsi qu'après l'explosion d'un colis piégé au siège du FMI à Paris, qualifiée d'attentat par François Hollande, le Premier ministre Bernard Cazeneuve a écourté une visite dans la Somme et pris l'hélicoptère en urgence depuis Rue, dernière étape de son déplacement.

L'explosion au FMI et la fusillade dans le lycée de Grasse conduisent à "justifier l'état d'urgence", qui "durera jusqu'au 15 juillet", a réaffirmé François Hollande dans l'après-midi à son arrivée pour un déplacement en Corrèze.

 
 

 

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