Hand: avec les 96-97, la France peut aller encore plus loin

Championne d'Europe et du monde chez les jeunes, la génération des 1996-1997, Dika Mem, Ludovic Fabregas, Melvyn Richardson et Romain Lagarde, brille au Mondial en Allemagne et fait entrevoir des lendemains qui chantent au handball français.

"On est fier de profiter de notre vivier, savourait le sélectionneur Didier Dinart après la victoire sur l'Espagne samedi (33-30). C'est dans ce match décisif dans la course aux demi-finales, qui pourrait aboutir dès lundi soir si l'Allemagne rendait à la France le service d'éliminer la Croatie, que la jeunesse française a montré sa force collective.

Six buts pour le pivot Fabregas, auteur aussi d'un énorme travail défensif, six pour l'arrière droit Mem et quatre pour Richardson, en seulement treize minutes lors de son entrée en seconde période au poste de demi-centre, le trio (l'arrière gauche Lagarde n'a pas été utilisé ce jour-là) a laminé les Espagnols.

"On sait jouer ce genre de match. On joue tous les trois dans de grands clubs. On essaie de réciter ce qu'on a fait en équipe de France jeunes. On a bossé dur chacun de notre côté pour vivre ça. C'est top", disait Richardson, qui allait récidiver le lendemain contre l'Islande (5 buts).

Le fils de Jackson, ainsi que Fabregas, connaissaient déjà l'Arena de Cologne, pour y avoir gagné la Ligue des champions avec Montpellier en mai dernier, contre les Nantais de Romain Lagarde. Fabregas a depuis rejoint Dika Mem à Barcelone.

Pas question donc de parler de "classe biberon". "Ce ne serait pas très gentil pour eux. Ce sont des mecs qui portent déjà leur club", souligne le demi-centre Kentin Mahé.

- "Ils vont nous emmener plus loin" -

Ces purs produits de "l'usine à champions française", comme dit le directeur national Philippe Bana, gagnent ensemble depuis déjà plusieurs années. L'aventure a commencé en 2014, lorsque la France avait été championne d'Europe des moins de 18 ans. Une première dans l'histoire du hand français, confirmée l'année suivante par un titre de champion du monde.

"Dès qu'ils ont eu 17 ans, l'entraîneur des jeunes Éric Quintin m'a dit: +ça va être une révolution. Ces gars-là vont nous emmener beaucoup plus loin+", se souvient Bana.

A partir de leur adolescence, ces talents exceptionnels ont été "surveillés comme le lait sur le feu". "On voulait faire du sur-mesure, de la haute couture", poursuit-il.

Les jeunes ont été accompagnés dans tous les domaines, physique, mental, médical, professionnel, et surtout "éduqué à la responsabilité". Car ce qui les caractérise, pour le DTN, en plus de leurs "qualités physiques exceptionnelles" et de leur "ultra technicité", c'est leur capacité à "être les tauliers de leur carrière".

- Paris-2024 en tête -

Associés sportivement dès le plus jeune âge, les jeunes Bleus sont aussi indéfectiblement liés humainement. "C'est marrant de voir qu'on a fait tout ce chemin main dans la main, c'est assez sympa. Il y a un noyau qui s'est créé et on reste en contact. On est devenu amis tout simplement. Ca ajoute un côté humain à cette aventure sportive qui est parfois un peu cruelle", raconte Fabregas.

La réussite de ce quatuor, et la présence en salle d'attente d'autres talents de la même génération, comme le gardien Julien Meyer (Chambéry) ou les ailiers Yanis Lenne (Barcelone, prêté à Aix) et Benoît Kounkoud (Paris SG), laisse présager que la fabuleuse récolte du handball français (19 médailles internationales dont 11 d'or depuis 1995) est loin d'être terminée.

On pense évidemment à l'échéance suprême des jeux Olympiques de Paris en 2024 qui tombera pour ces surdoués au moment idéal, lorsqu'ils auront 27 ou 28 ans. "C'est beau ce qui se passe, mais il ne faut pas mettre trop de zèle. Le combat, c'est au quotidien", prévient Dinart.

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