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Hand: Valentin Porte et la "dure loi de l'ailier"

Le public s'enthousiasme pour leurs acrobaties et pour leurs courses folles, mais il y a aussi une "dure loi de l'ailier" de handball, à laquelle Valentin Porte doit se frotter au Mondial, où la France affronte le Danemark en demi-finale, vendredi (17h30) à Hambourg.

"Quand tu es un peu excentré, avec très peu d'angle, tu es amené à faire des lobs et des roucoulettes. C'est le poste où on voit le plus de plus de choses extraordinaires. C'est pour ça que les gens l'aiment", explique le joueur de Montpellier, plutôt arrière en club.

Mais le spectacle n'est pas au menu de tous les jours. La réalité de l'ailier, c'est parfois "la frustration". "Quand on touche zéro ballon en jouant trente minutes comme j'ai pu faire contre l'Espagne (victoire 33-30 samedi)", souligne-t-il.

Alors qu'il tourne à un bon 68% de réussite (13 buts), la présence de Porte dans le tournoi peut être qualifiée pour l'instant de discrète en attaque. Il faut dire qu'il a dû passer 4h 15 min sur le terrain pour bénéficier de 19 chances de tir, à comparer aux 14 chances (13 buts, sans compter ses 5 penaltys) offertes à Melvyn Richardson en seulement 1h 08 minutes.

Ce ration reste parlant même si on divise le temps de jeu de Porte par deux pour tenir compte du fait qu'il joue attaque-défense. C'est qu'un demi-centre peut se créer des situations tout seul, quand un ailier devra toujours attendre qu'on lui donne le ballon.

- "Ca peut être très long" -

"Il y a des matchs où ça peut être très long. Parfois, tu n'en auras qu'un, et il faudra le mettre. Ca a un côté ingrat, mais c'est aussi ce qui fait la beauté du poste. Il faut toujours rester en éveil et concentré", dit le gaucher âgé de 28 ans.

"Si pendant 28 minutes tu ne fais que courir et qu'à la 29e, alors qu'il y a égalité, le ballon t'arrive dessus, tu es un peu froid, tu n'as pris un tir, pour la confiance c'est un peu compliqué, mais il faut que tu arrives à le mettre", poursuit-il.

Les équipes sont plus au moins portées sur le jeu aux ailes. Chez les Bleus "le système veut que ça se joue plus avec la base arrière et avec les pivots". "Les ballons ont beaucoup de mal à arriver aux ailes. Ca n'a jamais trop dérangé et ça a fait gagner des titres, mais notre style de jeu n'est pas fait pour aller vers l'extérieur", explique Porte. Tout dépend aussi des joueurs de la base arrière. "Certains ont plus de facilité à lâcher le ballon, d'autres moins".

- Précision, vitesse, explosivité -

Pour Porte, il s'agit de rester dans le tournoi en prévision "du match où tout va t'arriver et où il faudra être présent". Ce sera alors peut-être à lui de faire la différence grâce aux qualités essentielles de l'ailier, "la précision, la vitesse et l'explosivité". "C'est un peu comme l'avant-centre au foot qui, sur un bel appel, en deux ou trois pas explosifs, est capable de mettre un but".

Pour revêtir le maillot bleu, le champion d'Europe des clubs est prêt à tenir le rôle qu'on lui assigne, quel qu'il soit. "Tant que je joue et que je peux aider, je suis heureux, que ce soit 5 minutes ou une heure, à l'aile ou ailleurs", dit le joueur, dont le palmarès compte aussi un titre à l'Euro-2014 et deux au Mondial (2015, 2017).

Dans l'avenir, il n'exclut pas que le poste d'ailier évolue. "Selon Patrice Canayer (l'entraîneur de Montpellier), l'avenir sera de jouer sans ailier, avec seulement des arrières, dans le sens où l'ailier ne sera plus quelqu'un qui attend de son côté pour avoir le ballon et shooter mais qui devra apporter du danger un peu partout", dit Porte.

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