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Indignation en Ukraine après l'attaque d'une militante anticorruption à l'acide

Indignation en Ukraine après l'attaque d'une militante anticorruption à l'acide
Des manifestants brandissent des pancartes ("L'impunité tue" et "Punir le mal") devant le ministère de l'Intérieur le 1er août 2018 à Kiev, pour dénoncer l'inaction des forces de l'ordre après l'attaSergei SUPINSKY

Plusieurs dizaines de personnes ont dénoncé mercredi à Kiev l'inaction des forces de l'ordre après l'attaque à l'acide contre une militante anticorruption, dernier épisode d'une série d'incidents visant des militants.

Les manifestants (représentants d'ONG, journalistes et un député) réunis devant le ministère de l'Intérieur ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "L'impunité tue" ou "Punir le mal".

Mardi à Kherson (sud), la militante et conseillère du maire Kateryna Gandziouk, qui dénonçait la corruption au sein de l'antenne régionale du ministère de l'Intérieur, a été attaquée par un inconnu qui a jeté sur elle près d'un litre d'acide sulfurique.

Elle a été hospitalisée avec des brûlures au torse, à un bras et à un oeil, a indiqué la police régionale citée par les médias.

La jeune femme se trouve dans un état "grave", les lésions couvrant plus de 30% de son corps, selon le site de la télévision 112 citant un médecin.

Les protestataires ont dénoncé l'inefficacité, voire un "sabotage", des forces de l'ordre dans les enquêtes sur les attaques visant des militants et journalistes en Ukraine, exigeant la destitution du ministre de l'Intérieur.

"Les enquêtes n'avancent pas", a lancé un des leaders de la manifestation, Vladyslav Greziev. "On dirait qu'elles (les forces de l'ordre, ndlr) tentent d'en cacher les résultats ou qu'il s'agit d'une incompétence absolue".

Plusieurs dizaines de militants pour les droits civiques, journalistes et vétérans ayant combattu contre les séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine ont été ces dernières années la cible d'agressions, voire de meurtres, selon les organisateurs de la manifestation.

Mardi déjà, un ancien combattant et militant a été tué par balles dans la région de Zaporijia (sud).

Parmi les cas plus retentissants figure l'assassinat d'un journaliste russo-bélarusse chevronné, Pavel Cheremet, tué il y a deux ans à Kiev, où il habitait, par l'explosion d'une bombe placée dans la voiture qu'il conduisait. Son meurtre n'est toujours pas élucidé.

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