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Jacques Rançon, "le tueur de Perpignan", cache-t-il d'autres crimes? L'enquête d'un meurtre relancée 30 ans après

Jacques Rançon,
(c)Belga

Jacques Rançon, condamné en 2018 à la réclusion criminelle à perpétuité pour le viol et le meurtre de deux jeunes femmes à Perpignan à la fin des années 1990, est en garde à vue depuis mardi pour un homicide près d'Amiens en 1986, a indiqué à l'AFP le parquet d'Amiens.

L'ancien cariste-magasinier a été extrait mardi matin de la prison de Béziers, où il purge sa peine, pour être interrogé par les gendarmes de la section de recherches d'Amiens au sujet du meurtre non élucidé d'une jeune informaticienne en 1986, ont précisé des sources proches du dossier, confirmant une information d'Europe 1.

Le cadavre d'Isabelle Mesnage, 20 ans, avait été découvert le 3 juillet 1986 aux abords d'un chemin de randonnée à Cachy (Somme). Les vêtements de la jeune fille étaient en partie déchirés et des objets lui appartenant avaient été retrouvés disséminés non loin de son corps.


"Des charges nouvelles"

Après un non-lieu prononcé en 1992, l'enquête a été rouverte par le parquet après "l'intervention des avocats de la famille de la victime" et confiée depuis octobre à deux juges d'instruction en raison de "charges nouvelles", a détaillé le parquet.

"Des investigations ont confirmé la présence de Jacques Rançon à Amiens à cette époque", a ajouté une source proche du dossier. D'autres vérifications, notamment "sur le mode opératoire" du tueur, ont confirmé les soupçons des enquêteurs et ont motivé sa garde à vue, toujours en cours à la mi-journée mercredi, selon cette source.

Jacques Rançon, originaire de Picardie, a déjà été condamné à deux reprises par le passé pour des faits commis à Amiens. La cour d'assises de la Somme l'a condamné en 1994 à huit ans de prison pour un viol commis en 1992. Il a également écopé de cinq ans de prison ferme pour une agression dans un parc de la ville en 1999.

La cour d'assises des Pyrénées-Orientales l'a condamné en mars 2018 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une peine de sûreté de 22 ans, pour le viol et le meurtre de deux jeunes femmes, Moktaria Chaïb, 19 ans, et Marie-Hélène Gonzalez, 22 ans, ainsi que pour une tentative de meurtre et une tentative de viol. Des crimes commis entre 1997 et 1998.


"Le tueur de la gare de Perpignan": un "monstre froid" débusqué après 17 ans d'enquête

Certes, son lourd casier judiciaire le situait comme un prédateur sexuel. Mais quand il a été interrogé après la mort de Marie-Hélène alors qu'il était mis en cause dans une autre procédure, rien n'avait pu être retenu. Finalement, ce n'est que le 13 octobre 2014 qu'il a été identifié. Son ADN a été recoupé avec celui retrouvé sur la chaussure droite de Moktaria grâce aux progrès scientifiques et à un nouveau logiciel installé dans le fichier national des empreintes génétiques (FNEAG).

Ce coup de théâtre avait été considéré comme "un jour historique" par les policiers du SRPJ. En 17 ans, les policiers sont allés de déceptions en fausses pistes. A commencer par Andres Avelino Palomino Barrios, écroué entre janvier 1998 en août 1998. Il a bénéficié d'un non-lieu en... avril 2003.

Ce Péruvien exerçait comme chirurgien mais avec de faux diplômes, habitait à 400 m du lieu de la découverte du cadavre de Moktaria et avait, selon ses voisins, lavé son fourgon blanc... Autre mauvais suspect: Esteban Reig. Il vivait dans la cité catalane à l'époque des deux meurtres et a été appréhendé en mai 2000 à Lyon après avoir tué et découpé son colocataire. Il sera disculpé des deux crimes et se suicidera en prison en 2012.

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