Jean-Vincent Placé jugé mercredi après sa nuit mouvementée dans un bar parisien

Jean-Vincent Placé jugé mercredi après sa nuit mouvementée dans un bar parisien
Jean-Vincent Placé en mai 2016, lorsqu'il était secrétaire d'Etat à la réforme de l'EtatBertrand GUAY

"On n'est pas au Maghreb ici!": l'ex-secrétaire d'État Jean-Vincent Placé, comparaît mercredi en correctionnelle pour "violences, injures à caractère racial et outrage à agents" après une nuit mouvementée en avril dans un bar parisien.

L'ex-membre éphémère du gouvernement sous François Hollande avait été interpellé ivre le 5 avril à la sortie d'un bar du VIe arrondissement dont il venait d'être expulsé par un videur après un incident avec une cliente. L'ancien sénateur écologiste est notamment jugé pour des violences contre cette jeune femme.

"On avait entrepris (avec un autre élu, ndlr) une discussion avec au moins deux jeunes femmes. On leur avait proposé de leur payer des verres mais on a dû être insistants car ça s'est mal passé", a expliqué Jean-Vincent Placé aux policiers.

"Il m'a dit +je suis ministre, ce qui me ferait très plaisir, c'est que tu danses pour mon ami+", a rapporté la jeune femme. Elle a refusé et dit avoir alors été violemment saisie par le bras par l'élu qui lui aurait lancé: "Mais vas-y, je te paye". "Ça avait un caractère dégradant, ça m'a choqué", a-t-elle déclaré.

Il est également reproché à Jean-Vincent Placé d'avoir proféré des injures racistes à l'encontre du portier de l'établissement qui s'est interposé.

L'actuel conseiller régional d'Ile-de-France lui aurait dit: "On n'est pas au Maghreb ici, tu sais pas qui je suis, je vais te descendre en Afrique, moi (...) On n'est pas à Ouagadougou, Ryanair fait des promotions (...) le prix de ma chemise, cela fait un RSA pour ta famille".

Il est enfin accusé d'avoir outragé les policiers qui sont intervenus et auxquels il aurait lancé "Espèce de tocards, vous ne savez pas qui je suis".

Durant sa garde à vue, Jean-Vincent Placé, qui totalisait un taux d'alcoolémie de plus de 2 grammes d'alcool par litre de sang, a reconnu un comportement "inadapté et moralement répréhensible" vis-à vis de la jeune femme mais contesté l'avoir brutalisée ou insultée, comme des témoins l'ont rapporté.

Concernant le portier, il reconnaît lui avoir seulement dit: "On n'est pas au Maghreb ici" et conteste toute arrière pensée raciste. Selon ses avocats, il aurait maladroitement voulu "exprimer sa perception des relations hommes/femmes dans cette région du monde où le fait pour un homme d'inviter une femme à danser dans un établissement de nuit ou de lui offrir un verre pourrait être mal perçu".

Enfin, l'ex-sénateur ne conteste pas l'outrage à agents mais l'explique par son exaspération d'avoir été appréhendé alors qu'il venait de recevoir une "gifle de légionnaire" du portier qui lui avait cassé ses lunettes et qui, lui, n'était pas inquiété.

Vos commentaires