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Journée des droits de la femme - L'égalité hommes-femmes a ses limites, souligne la ministre brésilienne de la Femme

(Belga) La ministre de la Femme du Brésil, Damares Alves, a laissé entendre vendredi que les "idéologies" préconisant l'égalité entre les sexes pouvaient encourager la violence contre les femmes.

"Les garçons doivent comprendre que les filles sont leurs égales en termes de droits et d'opportunités, mais sont différentes parce qu'elles sont des femmes et doivent être aimées et respectées en tant que telles", a déclaré la ministre lors d'un discours à l'occasion de la Journée internationale pour les droits des femmes. "S'ils pensent que les filles et les garçons sont égaux, comme certaines idéologies l'ont préconisé par le passé, ils peuvent se dire: 'comme les filles sont pareilles, elles peuvent encaisser les coups'", a ajouté Mme Alves. Cette femme pasteur évangélique avait déjà suscité une vive polémique le jour de sa prise de fonctions, le 2 janvier, avec une vidéo dans laquelle elle scande, euphorique, que "les garçons s'habillent en bleu et les filles en rose" dans la nouvelle ère qui s'ouvre au Brésil. Elle est l'une des deux seules femmes parmi les 22 ministres du gouvernement du président d'extrême droite Jair Bolsonaro, qui a fortement bénéficié du soutien des puissantes Eglises évangéliques pour se faire élire. La ministre de la Femme, de la Famille et des Droits de l'Homme a par ailleurs annoncé vendredi une campagne qui apprendrait aux garçons à "offrir des fleurs aux filles" ou à leur "ouvrir la porte de la voiture". Cette campagne, censée lutter contre les violences conjugales, prévoit aussi de former les professionnels des salons de beauté de coiffure à identifier des signes de maltraitance sur leurs clientes. "Nous allons former les manucures pour qu'elles sachent observer des marques sur les bras des clientes, les coiffeurs, pour qu'ils puissent voir s'il y a des marques sous leurs cheveux", a-t-elle expliqué. En 2017, 4.539 femmes ont été assassinées au Brésil, 1.133 d'entre elles dans des cas considérés comme féminicides (tuées parce qu'elles sont des femmes), d'après les chiffres de l'ONG Forum de sécurité publique. Cette même organisation a recensé 536 cas d'agressions physiques de femmes par heure lors de cette même année. (Belga)

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