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L'Agence nationale du sport, un "outil complémentaire" de l'Etat selon Maracineanu

L'Agence nationale du sport, un
La ministre française des Sports Roxana Maracineanu s'exprime devant les députés lors d'une séance de questions au gouvernement, le 9 juillet 2019 à ParisMartin BUREAU
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La ministre des Sports Roxana Maracineanu a défendu mardi à l'Assemblée la controversée Agence nationale du sport (ANS) comme un "outil complémentaire" de son ministère, quand des oppositions de gauche y ont vu un "désengagement" de l'Etat.

Le projet de loi consacrant l'ANS, déjà adopté par le Sénat, a été approuvé par l'Assemblée à main levée, avec quelques ajouts des députés. Il doit maintenant faire l'objet d'une conciliation entre les deux chambres qui tenteront de s'accorder sur une version commune.

"Nous sommes aujourd'hui à un tournant pour le sport français. C'est un moment important pour nos clubs, nos pratiquants, nos concitoyens et concitoyennes (...) C'est le moment où on veut donner les moyens d'agir à tous ceux qui sont les mieux placés pour le faire", a affirmé Mme Maracineanu en ouverture de l'examen de ce texte dédié au modèle sportif français.

Créée par voie réglementaire en avril, l'ANS a pour but d'incarner un nouveau modèle et les ambitions de la France aux JO de Paris 2024. C'est notamment au sein de cette agence, et non plus au ministère, que seront décidés les montants des subventions aux fédérations pour le haut niveau.

Mais cette agence, qui n'apparaissait pas initialement dans le texte gouvernemental, est critiquée par une partie du milieu sportif.

L'ANS représente "un outil complémentaire du ministère et de ses partenaires", qui doit être "plus agile qu'une administration" et "plus ouvert à d'autres acteurs qui veulent participer à la mise en œuvre des politiques publiques du sport", a plaidé Mme Maracineanu, ex-championne du monde de natation.

Sa mise en place "ne doit pas être interprétée comme pas un désengagement de l'Etat", a souligné le rapporteur du texte Stéphane Testé (LREM), mais "comme la volonté de partager les décisions avec les acteurs des politiques sportives au plus près des situations locales".

Groupes socialiste et communiste considèrent eux qu'il s'agit d'une forme de "désengagement" de l'Etat. Régis Juanico (app. PS) a critiqué un texte "fait dans la précipitation" et "l'improvisation". La communiste Marie-George Buffet, ex-ministre des Sports, a considéré que l'Etat se privait "de ses plus grandes prérogatives" en "confiant des missions aussi importantes" à l'ANS.

"Vous privez l'Etat de ses moyens d'action et vous amputez vous-mêmes (l'Etat) de la possibilité d'accomplir une politique sportive solidaire", a renchéri l'Insoumise Mathilde Panot.

A droite, Maxime Minot a mis l'accent sur le fait que le ministère des Sports ne devait pas "devenir une coquille vide réduite à de la représentation".

Les députés ont par ailleurs confirmé à l'unanimité le fait que le conseil d'administration de l'ANS devait "respecte(r) la parité entre les femmes et les hommes". Un amendement en ce sens, porté par Mme Buffet, avait déjà été voté en commission.

Un amendement du groupe MoDem a lui inscrit "la prévention et la lutte contre toutes formes de violences et de discriminations" comme enjeu "dans les futurs projets définis par les conférences régionales du sport".

Sur le thème de la laïcité, une passe d'armes a opposée l'élue LR Valérie Boyer au député LREM François Cormier-Bouligeon.

Le texte comportait d'autres volets plus techniques, comme la ratification d'une ordonnance relative aux voies de circulation réservées pour Paris-2024.

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